Préambule à tous jeux

6 commentaires
méthoe : comment parier et gagner de l'argent aux courses hippiques La Glorieuse Incertitude du Turf, qui se réclame du haut parrainage de l'amiral Rous, grand amateur et connaisseur de chevaux ainsi que pas mal d'autres marins (qui dira jamais pourquoi ?), offre, hélas, malgré son heureux baptême, beaucoup moins d'occasions de gloire que de certitudes d'avoir à en subir les néfastes conséquences.

Peut-être, après tout, est-elle le sel de la vie du sportsman, du vrai sportsman, de par ses références, et non pas de tous ceux qui ne sont de « sport » que de nom, à la manière de ce personnage d'Emile Augier qui appartenait bien plus à la noblesse par ses prétentions que par ses titres !
La Glorieuse Incertitude du Turf, facteur impondérable, force non moins possible que mystérieuse, à la fois angoissante et attirante, qui se rit de nos espoirs, de nos projets, de notre volonté, de tous nos efforts, exerce, au gré de sa fantaisie, son despotisme aveugle à nos dépens, bien plus souvent qu'à notre profit...
Chez le joueur, elle est le « piment » qui excite son appétit de gain, et lui donne de l'estomac pour échafauder les combinaisons les plus hasardeuses et tenir avec persévérance — et en gardant le sourire, si possible — les coups les plus risqués ou les plus durs.
Sur le turf, dans la lutte quotidienne contre les destins, lutte pour l'existence ou lutte pour l'argent, le système D... existe nombreux exemplaires, accompagnés de bien d'autres combinaisons, qu'on trouvera au cours des pages qui vont suivre, mais dont la principale vertu viendra surtout de la manière dont on saura les utiliser. Tout d'abord et surtout, pas d'emballements désordonnés, du calme, du calme, toujours du calme..., du sang-froid et de la tête — des qualités de jockey — pour ne pas, grisé par le succès, courir après les chances de gains irréalisables, pour ne pas s'entêter à lutter en désespéré dans une passe mauvaise où l'on risque fatalement de sombrer.
Ne pas être d'un optimisme béat, irréfléchi, aventureux, mais ne pas tomber dans un pessimisme déprimant, faire sa part à la fatale et inexorable « Glorieuse Incertitude», mais sa part seulement, car, pour si grande qu'elle soit, il y a mille autres influences... raisonnables et discutables, qui font varier les résultats des courses. Ce sont surtout celles-ci qu'il faut apprendre à connaître, car s'il n'y a pas une science des courses, qui serait loin d'être une science exacte, il y a du moins l’expérience – qui souvent passe science dit le proverbe – et qui ne peut s’acquérir que par la pratique, moyen souvent dangereux, ou par l’étude, moyen que nous nous sommes efforcé de rendre aussi facile et aussi peu ennuyeux que possible.








Aide-toi, le ciel t’aidera !





publié en 1926 et toujours d'actualité