Les interversions de forme

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Les changements de forme, par leur fré­quence relative, constituent un des fac­teurs principaux de la glorieuse incertitude du turf. Parfois ces interversions, qui trop souvent sont des défaites préliminaires à la victoire, font l'objet d'enquêtes de la part des Commissaires, les entraîneurs devant justifier ces performances contradictoires.

Parmi les causes multiples capables — en dehors des états pathologiques — de pro­voquer des interversions de forme, citons : la caractère du cheval (rogues), le suren­traînement (facteur dominant), les chan­gements de monte, d'entraîneurs, l'état du terrain (les spécialistes du lourd ou du sec), l'utilisation sur des hippodromes différents, la saison (particulièrement pour les ju­ments), les déplacements sportifs, etc.
La mentalité des chevaux de courses constitue un « impondérable » jouant un rôle important dans les changements de forme : tel cheval, après une performance remarquable, et sans avoir été « éprouvé », présente, à bref délai, des signes de dé­chéance. Ces interversions mystérieuses pourraient être comparées à celles observées chez l'homme ; ne sait-on pas, en effet, que ce dernier, en dehors de tout état maladif, peut présenter des variantes notables dans l'ap­titude au travail et la résistance à la fa­tigue ? L'origine psychique de ces interversions, échappant à tout moyen de contrôle, est souvent invoquée par les entraîneurs pour justifier les courses contradictoires four­nies par leurs pensionnaires.

Amener un cheval à l'apogée de sa forme, à un jour donné et pour une cer­taine course, est un problème délicat à ré­soudre pour l'entraîneur. Mais quels que soient sa science, son tact, son expérience, si le cheval ne présente pas une valeur «in­trinsèque suffisante pour recueillir les béné­fices de la préparation qu'il reçoit, le résul­tat sera négatif. L'entraînement développe des qualités, mais, si méthodique soit-il, est impuissant à les créer.

La forme

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La forme — le critérium de la qualité du cheval, le mérite intrinsèque — est parfois très fugitive et souvent subordon­née à un grand nombre de facteurs que l'on peut provoquer ou aider, sans jamais être certain de les réaliser au moment désiré. L'apparition de la forme est parfois mys­térieuse et échappe à l'analyse ; alors qu'un cheval, du fait d'une raison de santé, de croissance, ou de toute autre cause, ne peut arriver à être en forme, malgré les efforts de l'entraîneur, tout à coup, sans que les conditions extérieures où se trouve l'ani­mal se modifient d'une manière appré­ciable, le but si laborieusement cherché est atteint. L'aspect extérieur du cheval peut-il être considéré comme le réceptacle de la forme ? Certains signes dénotent bien l'appari­tion de la forme, mais l'indication est par­fois trompeuse ; le cheval le plus resplen­dissant à l'œil n'est parfois pas en forme, sans que son entraîneur puisse en donner la raison. Quelques chevaux sont en forme une seule fois dans l'année et la perdent à bref délai ; parfois un bon cheval est comme un cerisier, il ne fleurit qu'une fois par an... D'autres, pendant toute leur carrière, — même en changeant d'entraîneurs — ac­quièrent leur forme à une époque fixe de l'année. Cette forme « saisonnière » est bien inconnue des sportsmen qui tiennent compte de cette considération dans l'établissement du « papier ».
La majorité des chevaux, une fois leur forme acquise, la conservent d'ordinaire, pendant une période plus ou moins pro­longée ; ils peuvent courir plusieurs courses assez régulièrement en affirmant leur mé­rite. Quand le cheval, dans un délai variable, devient, tout à coup ou progressivement, infé­rieur à lui-même, on dit qu'il présente un « déclin de forme », qu'il « a perdu sa forme ». Du fait de la suractivité fonctionnelle imposée à l'organisme, la forme ne peut être que temporaire. Les chevaux les mieux constitués, présentant une grande force de résistance, conservent cet état arti­ficiel plus longtemps que les moins doués. Mais si l'on persiste à les y maintenir, en particulier dès qu'ils présentent des signes de fatigue, — pax une progression inverse et rapide à celle conduisant à l'a­pogée de la forme — ils accusent rapide­ment les signes d'une déchéance absolue. Laborieuse à acquérir, difficile à mainte­nir, la durée de la forme est fonction du tact et de l'expérience de l'entraîneur ; apprécier la quantité de travail nécessaire à sa conservation est délicat.

La condition

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La condition — l'état dans lequel se trouve un cheval avant la course — cons­titue le critérium de l'entraînement.
L'état du cheval n'est pas toujours inti­mement lié — comme beaucoup le pensent — à son degré de condition. Certains che­vaux, en effet, se présentent « haut » ou « bas » d'état ; ces variations peuvent être fonction du tempérament et non fatale­ment du travail. Du reste, l'entraînement moderne, moins intensif qu'autrefois, l'em­ploi modéré des purgations et des suées, font qu'actuellement les chevaux présentés sur le turf sont moins « secs », moins « su­cés » par le travail ; ils mangent moins d'avoine, davantage de foin, et travaillent moins souvent, surtout sur de longues distances ; en général, ils courent plus « frais ».
Quand un cheval n'est pas arrivé au maximum de sa condition, on dit qu'il « manque de travail ».
Les modèles énormes, les grandes ma­chines sont difficiles à amener en condition dès le début de la saison ; ils ont souvent besoin d'un galop public pour parachever leur état de préparation.
Le cheval bas de condition — souvent un « surentraîné » — présente une maigreur accusée, des signes de faiblesse et de dénu­trition (poil piqué).
Le sportsman doit attacher une grande importance aux signes extérieurs qui dé­notent la condition. Les modifications ob­servées dans la sudation (abondance, na­ture, rapidité de dessiccation), associées à celles de la respiration, indiquent le degré de préparation plus ou moins avancé du cheval.
L'essoufflement est le signe le plus fi­dèle ; chez le cheval en « forme » lés mouve­ments respiratoires accélérés (80 à 100 par minute) après la course, doivent reprendre leur rythme normal au bout de quelques minutes.
En outre, le cheval en condition est modifié profondément dans sa ligne, dans son profil, dans sa silhouette générale, du fait de l'apparition des saillies osseuses et des reliefs musculaires. La sécheresse, la densité des tissus (par­ticulièrement à l'encolure, aux reins, aux fesses, etc.), la netteté des saillies squelettiques (garrot, hanches, côtes, etc.), la diminution du volume du ventre, l'appari­tion du réseau des veines superficielles, les poils fins et luisants, etc., sont autant de signes qui caractérisent la condition.

La classe

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La classe — qu'il ne faut pas confondre avec le cri libérateur des poilus — la sélec­tion sur les origines et le mérite, est la ligne de démarcation bien tranchée qui s'établit d'elle-même entre les chevaux, à la suite des premières courses de l'année. Elle comprend nécessairement un certain nombre de sujets qui ne sont pas exactement égaux entre eux, mais séparés seulement par une très légère dif­férence, souvent d'une appréciation difficile.

Malgré une supériorité ou une infériorité relative, les chevaux sont toujours supé­rieurs aux concurrents d'une classe infé­rieure. La supériorité est ici intrinsèque, et non individuelle ; elle est indéniable. Un cheval peut être d'une très bonne classe tout en présentant comme individu de nombreuses défectuosités, mais il battra presque toujours un concurrent d'une classe inférieure, si bon qu'il puisse être, pris isolément.

La hiérarchie du turf comporte généralement trois classes de chevaux de courses :
1° ceux de première classe (summum de la sélection), c'est-à-dire les quatre ou cinq meilleurs de l'année, les champions, les lauréats heureux des prix les plus impor­tants;
2° ceux de seconde classe, en général très nombreux, dont le mérite est incon­testable, mais ne s'élève pas au-dessus d'un certain niveau moyen ;
3° les chevaux de prix à réclamer (les modestes, les passables, les médiocres), au-dessous desquels la déli­mitation devient très difficile à établir, les non-valeurs sportives en marquant le terme ultime.

Les chevaux appartiennent donc à des catégories déterminées ; un cheval n'est pas dans sa classe, quand il figure avec des adversaires d'une classe inférieure ou supé­rieure à celle à laquelle il appartient. Dans ce cas, il est « déclassé » ; cette expres­sion s'applique cependant plus générale­ment, et à plus juste titre, dans le sens propre du mot, à un cheval figurant dans une classe inférieure à la sienne, qu'à celui qui se trouve, au contraire, dans une caté­gorie supérieure, où il est surclassé.
Le déclassement d'un cheval a une ex­trême importance en course et devient parfois l'objet d'une étude et d'une spécu­lation. Étant donné et admis, à moins de circonstances toutes particulières, qu'un cheval d'une classe secondaire, quelque bon qu'il soit, ne peut battre un concurrent d'une classe supérieure, on est à peu près certain de gagner, si l'on peut arriver — par des engagements judicieux — à faire figurer un cheval dans une classe infé­rieure à celle qu'il possède réellement.
Pour atteindre ce but, on utilise parfois des moyens d'une délicatesse douteuse pour tromper le public ou le handicapeur, afin que ce dernier, dans les handicaps, donne au cheval des conditions de poids avanta­geuses.
La manœuvre frauduleuse la plus usitée en semblable circonstance est de faire courir plusieurs fois le cheval dans une condition incomplète, de manière à ce qu'il se montre au-dessous de son mérite réel. A la suite de plusieurs sorties où le cheval n'a pas couru sa chance, le public s'y laisse prendre. On engage alors le cheval « camouflé » dans une course où il ne trouve que des concurrents d'une classe inférieure à la sienne. On dit alors qu'il est « déclassé ».
Il n'est pas rare que des propriétaires se faisant une idée inexacte sur les mérites de leurs chevaux, les engagent constamment avec des adversaires supérieurs. On dit alors que ces chevaux sont « surclassés », ce qui réduit leurs chances de succès à la plus simple expression.
Savoir engager les chevaux, éviter de les surclasser est un art où excellent certains propriétaires et entraîneurs.

Au point de vue sportif, une question qui a fait l'objet de nombreuses discussions se pose :
la forme prime-t-elle la classe ?

Selon nous, la supériorité de la classe — la noblesse ancestrale — est indiscutable l'entraînement — si méthodique fût-il — se borne à développer des qualités, des aptitudes, mais est impuissant à les créer.
Si le manque de condition peut être atténué, dans une certaine mesure par la supériorité de la classe, la forme, dans bien des cas, est impuissante à suppléer la classe. Associées, classe et forme constituent la dualité indispensable du succès.

Le canter

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L'appréciation du canter — le galop préparatoire que prennent tous les chevaux avant le départ — fournit des indications utiles ; pour beaucoup de sportsmen, il constitue l'indice des moyens et de la condi­tion où se trouvent les chevaux.

La souplesse, l'étendue de l'action, fait dire que le cheval, pour employer les expres­sions utilisées sur le turf, « a pris un bon ou mauvais canter ».

On peut affirmer qu'il y a, dans la majorité des cas, une relation étroite entre l'action — la forme extérieure de l'allure — et les qualités réelles du cheval, la façon dont il prend son mors, et se livre, le placer de son encolure, et ses moyens actuels.
Il faut, néanmoins, associer à l'action du cheval son aspect extérieur, la vivacité du regard, le satiné de la peau, la longueur des rayons, les paquets musculaires qui les garnissent, la démarche souple et balancée, rapide tout en ayant l'air de se prélasser.
L'étendue de la foulée chez le galopeur est une qualité primordiale ; le sujet qui « va court » ne pliant pas bien le genou et ramenant les pieds sous lui, au lieu de les projeter loin en avant, est fortement han­dicapé.
L'allure est « coulante » — qualité pré­cieuse — quand le cheval s'étend bien et se relève vite dans son galop, sans faire aucun effort.
Surveiller la course, savoir apprécier le train et la tactique utilisés, savoir inter­préter les incidents de parcours, constitue pour le sportsman des indications pré­cieuses.
Le cheval qui « fléchit » présente un mou­vement convulsif des oreilles. Au lieu de les tenir droites et pointées en avant, elles éprouvent une oscillation d'avant en arrière. La tête, en même temps, prend une direc­tion à peu près horizontale, prolongeant en quelque sorte la ligne de l'encolure.
Faire l'effort au moment opportun carac­térise l'habileté du jockey ; effectué pré­maturément, le cheval peut être surpris par un adversaire qui s'est conservé rela­tivement « frais » derrière lui, et, quoique meilleur, il peut être battu. C'est ce que l'on exprime en disant : « Il a fait son effort trop tôt ». Effectué trop tardivement, le cheval peut ne pas avoir le temps de re­joindre un concurrent de classe inférieure avant le poteau d'arrivée, et perdre la course. On dit alors : « Il a fait son effort trop tard » ou « Il est venu trop tard ».

L'empoisonnement des chevaux

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Ces manœuvres, rares en France, sont assez communes en Angleterre. Parfois, malgré les soins apportés, des gens peu scrupuleux n'hésitent pas à recourir à ce procédé pour mettre hors de course un grand favori. Des faits positifs d'empoisonnement ont été signalés et prouvés par des enquêtes médico-légales ultérieures. Les « indési­rables » — généreusement payés par les concurrents pour accomplir cette triste be­sogne — pénètrent, grâce à la complicité d'un lad, dans le box du cheval et lui admi­nistrent, à l'aide de la carotte tradition­nelle, des alcaloïdes exerçant un effet dé­pressif sur la condition.
Parfois, ce sont les garçons de voyage, achetés par des tiers, qui utilisent ces ma­nœuvres ; quelquefois, de leur propre ini­tiative, pour favoriser leurs paris, ils ont recours à ces procédés indélicats.
Pour éviter ces fraudes, une étroite sur­veillance est exercée sur le cheval, pendant le séjour dans son box, au moment de le seller et jusqu'à la conduite sur la piste.
Auteuil-Longchamp signale l'événement dramatique qui a marqué la réunion de cour­ses donnée le 29 mai 1926 à Exposition Park, à Aurora (Illinois) ; un des concurrents le plus en vue, Apology, tomba raide mort et trois autres partants présentèrent, sur la piste, des signes d'intoxication.
L'enquête permit l'arrestation de deux individus qui avouèrent avoir donné aux chevaux, sur l'ordre de leurs complices, du sucre empoisonné.
Parmi les procédés frauduleux utilisés, citons, en dehors de celui classique qui con­siste à donner le jour de la course un excès de boisson ou d'aliments, l'inhalation de poussières irritantes pour provoquer la toux, l'introduction d'une éponge dans les cavités nasales pour déterminer l'essoufflement, le bruit fait la nuit qui précède la course pour troubler IQ sommeil réparateur du cheval, etc.
Relatons les cas cités par Saint-George (Revue des Eleveurs de pur sang) concernant William Turner, accusé d'avoir administré deux livres de plomb enveloppé dans des bols, à Miss Nightingall qui succomba le dimanche précédant la course où elle était engagée.
D'autres énergumènes n'hésitent pas à pratiquer sur les chevaux des actes de bes­tialité. La mutilation de Magog, dont la langue était presque tranchée, ne laisse aucun doute à ce sujet.
Trop souvent le cheval de courses est la victime résignée de l'indélicatesse, de la malhonnêteté de ceux qui ont la mission de le soigner.

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Le doping

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Des entraîneurs américains, vers 1903, introduisirent sur nos hippodromes une méthode appelée « doping » consistant à administrer aux chevaux, quelques minu­tes avant l'épreuve, des substances chi­miques capables d'exciter artificiellement les facultés motrices du cheval pendant la course.
On arrivait, par cette manœuvre dolosive, — les nombreux scandales sportifs à cette époque en font foi — à faire gagner à bref délai des courses à des chevaux de classe modeste.
Le doping, en surclassant des non-valeurs sportives, portait atteinte à la sincérité des épreuves, compromettait la santé des che­vaux et faussait la sélection qui préside au choix des reproducteurs.
Au début, les succès nombreux et reten­tissants qui semblaient résulter du doping, l'incertitude du diagnostic clinique, l'ab­sence de procédés chimiques permettant de déceler la fraude, favorisaient la géné­ralisation de cette méthode frauduleuse. Actuellement, le doping est devenu une exception, du fait de la précision scienti­fique des moyens de contrôle.
Pour porter à son maximum le rendement énergétique du cheval de courses, certains entraîneurs utilisent diverses substances (al­cool, boissons alcooliques, café, kola, coca, arsenic et ses dérivés, acide formique et formiates, etc.) qui exercent une action spécifique sur le rendement en travail et sur la résistance à la fatigue.
A l'inverse des alcaloïdes utilisés dans le doping, ces substances produisent une faible et passagère excitation ne se tradui­sant par aucun trouble organique suscep­tible de compromettre l'avenir du sujet ; leur action est hygiénique, là réside la dif­férence capitale avec le doping.
Les principaux alcaloïdes qui forment la base du doping sont la cocaïne, la mor­phine, l'héroïne, la strychnine, la caféine, etc. Leurs effets physiologiques varient, dans une notable mesure, avec l'individua­lité, la dose et le mode d'emploi.
A la phase d'excitation initiale observée chez les « dopés », succède une phase de dépression, d'hébétude pouvant, si la dose des alcaloïdes employés est massive, pro­voquer la mort.
Le mode d'administration du doping est des plus variables : injection hypodermique, intramusculaire, ingestion par la voie digestive (bols, pilules, granules), par la voie rectale (lavements, suppositoires), etc.
Les injections hypodermiques, du fait de l'abondante sudation révélatrice qu'elles provoquaient au point d'inoculation, sont de plus en plus abandonnées.
L'ingestion de granules à base d'alcaloïdes à doses faibles et répétées, dix jours avant la course, est actuellement la méthode la plus utilisée. Ce doping latent est préféré au doping à réaction prompte, administré le jour de l'épreuve.
Au début de la pratique du doping, les doses élevées d'alcaloïdes utilisées par la voie hypodermique, déterminaient les symp­tômes suivants : sudation abondante par­tant du point d'inoculation, faciès crispé, naseaux dilatés, mâchoires serrées, grin­cements de dents, yeux hagards, exorbités, pupille dilatée, agitation et tremblements accusés, etc.
Souvent, la démarche des «dopés «revêtait un caractère spécifique : au lieu de l'allure souple, élastique, étendue, on observait une action raide, saccadée, rasante, qui n'échap­pait pas à un œil exercé.
Après de nombreux essais expérimentaux, les fraudeurs ont abandonné l'injection sous-cutanée pour la voie buccale,'actuellement, le « dopé » sur l'hippodrome ne présente plus qu'une simple nervosité non spécifique qu'il ne faut pas confondre — et la diagnose est délicate — avec celle normale observée chez les « hypernerveux » avant la course. On sait, en effet, que l'action excitante du milieu, la présence du public, la vue de la casaque, le son de la cloche, le contact des autres chevaux, etc., produisent chez certains sujets impressionnables une pé­riode d'excitation se traduisant par une grande nervosité, de la sudation et des tremblements plus ou moins accusés.
L'emploi répété du doping entraîne un véritable état de déchéance organique con­duisant à l'épuisement nerveux. Il faut de longs mois de soins assidus pour que le « dopé » puisse se remettre ; souvent le doping laisse une tare indélébile.
Les pratiques frauduleuses du doping ne tardèrent pas, par leur généralisation à attirer l'attention des sociétés sportives et des Commissaires des courses qui s'en émurent à juste titre.
Devant l'incertitude du diagnostic cli­nique, et à la demande des sociétés, des physiologistes et des toxicologistes furent invités à rechercher les moyens propres, à déceler le doping. La technique opératoire est la suivante : recueillir aseptiquement la salive du cheval après la course ; la soumettre à des réactions, chimiques spé­cifiques qui permettent de révéler la pré­sence et la nature des alcaloïdes utilisés.
Victimes résignées du doping, les chevaux, d'un pas lugubre et lent, vers le salivarium…
Les prélèvements salivaires effectués n'in­diquent pas un signe de suspicion de l'écu­rie ; c'est surtout un moyen de contrôle préventif pour calmer le "zèle des fana­tiques des pratiques frauduleuses.
Faussant le résultat des courses, et par suite la sélection des reproducteurs, exer­çant sur ces derniers une action déprimante susceptible d'entraver l'amélioration de la race pure, le doping ne saurait être ré­primé trop sévèrement.
Rappelons que les articles 9 et 10 du chapitre X du code des courses interdisent formellement l'emploi du doping ; ce code prescrit les formalités a remplir pour les prélèvements, les analyses, et prévoit les pénalités.

Les manoeuvres frauduleuses

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Les pessimistes, les alarmistes sportifs, — souvent des joueurs malheureux — voyant la fraude partout, arrivent à for­muler le vœu — comme à l'époque héroïque des courses hippiques — que les chevaux courent seuls entre eux.
Loin de nous est la pensée d'incriminer les propriétaires de pratiquer, dans un but spéculatif, des manœuvres dolosives. Ce sont, dans la majorité des cas, d'honnêtes et riches sportsmen dont la loyauté est au-dessus de tout soupçon. Mais ils ne sont pas les seuls intéressés dans le résultat des courses auxquelles participent leurs chevaux. Leur nombreux auxiliaires (en­traîneurs, jockeys, lads, etc.) ont aussi leur ambition et leurs intérêts personnels à satisfaire, et comme ils connaissent aussi bien que le propriétaire — sinon mieux — les moyens de faire varier la condition du cheval, avant ou pendant la course, il ne paraît pas excessif de leur supposer l'inten­tion de recourir parfois à des pratiques frau­duleuses.
Toutes les fois que l'on peut prouver une faute — enquête délicate à établir — le code des courses prévoit des sanctions sévères. Mais le petit nombre des cas où elles sont appliquées, mis en regard de ceux nombreux où la fraude a été soup­çonnée, montre les difficultés auxquelles se heurtent, en pareille matière, les Com­missaires.
« Tirer » un cheval — pratique classique — indique l'action frauduleuse d'un jockey qui, de sa propre initiative ou par ordre de son propriétaire, empêche un cheval de gagner en le maintenant au-dessous de son train.
Cet acte répréhensible est motivé par l'espoir d'une cote ultérieure plus rému­nératrice, ou l'attribution d'un poids plus avantageux fixé par le handicapeur.
.« Tirer » le cheval constitue une pratique visible, aussi certains jockeys préfèrent-ils utiliser la méthode opposée consistant, par l'abus de la cravache et de l'éperon, à dés­équilibrer le cheval; ce faisant, ils ne s'ex­posent pas, comme dans le cas précédent, aux manifestations violentes du public.
Par « couper », on entend l'action d'un jockey qui, sans avoir les deux longueurs réglementaires, passe devant un concur­rent et entrave, de ce fait, son effort.
Ce règlement est fort juste car aucun des concurrents ne doit prendre un avantage illicite en empêchant les adversaires de se dépasser, tous devant suivre leur ligne, c'est-à-dire marcher droit devant eux.
Cependant, comme il y a un véritable avantage à se trouver placé contre la corde, il ne serait pas juste qu'aucun des chevaux courant ne puisse en profiter, par ce que le sort ne lui a pas donné, mais il peut, dans une lutte loyale, l'enlever à celui qui en est en légitime possession.
Les bousculades provoquées intention­nellement constituent une pratique frau­duleuse courante, qui, souvent, réduisent à néant les chances de leurs victimes.
Le « flottement » est parfois pratiqué en course dans un but frauduleux pour perdre volontairement du terrain, ouvrir le passage à un concurrent et favoriser sa chance.
« Gagner » est difficile, « perdre » est fa­cile ! !
Le « passement de coudes » (écartement exagéré des bras) est une manœuvre dont certains jockeys ont la triste spécialité ; elle entrave mécaniquement le concurrent qui cherche un passage.
Le « passement de jambes » — pratique favorisée par la monte américaine — consiste en une pression exercée sur le voisin pen­dant les dernières foulées pour entraver son effort final.
Dans l'ardeur de la lutte certains joc­keys, peu scrupuleux, n'hésitent pas à exercer des tractions directes sur les rênes d'un adversaire.
Prendre volontairement un mauvais dé­part, effectuer une course folle en avant, déséquilibrer le cheval en le surchargeant inégalement dans la répartition du poids, utiliser les fers d'entraînement en courses, changer le mors habituel, sangler à l'excès, sont des manœuvres employées pour sacrifier la chance d'un cheval.
La suspicion ne porte pas que sur les écuries modestes ; le fait anecdotique sui­vant le prouve. Le prince de Galles, le futur George V, qui possédait une écurie de courses remarquable, ne fut pas à l'abri de quelques soupçons de fraude dans ses opérations. Escoppé, l'un de ses chevaux, était engagé dans deux prix devant être courus à Newmarket, le 20 et le 24 octobre 1891. On considérait le cheval comme grand favori et de nombreux paris étaient faits sur sa chance. Le premier jour, il fut hon­teusement battu; le lendemain, alors que tous les paris étaient contre lui, 30 ou 40 contre 1, il battit ses adversaires avec la' plus grande facilité.
Des sommes fabuleuses furent perdues par suite de cette interversion de forme qui fit scandale, et le prince fut obligé de se retirer du turf ; il donna même sa démis­sion de membre du Jockey-Club, où il ne rentra qu'en 1905.
Faire courir un cheval sous le nom d'un autre est une fraude parfois utilisée, ainsi que le prouvent de récents scanda­les sportifs, tant en France qu'à l'étranger. Faisons remarquer que cette manœuvre peut être pratiquée à l'insu du proprié­taire.

La défaite

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Propriétaires, entraîneurs, jockeys, sportsmen conservent de l'espoir tant que le cheval galope aisément, « va bien », mais dès qu'il ne peut plus suivre le train, la défaite est fatale.
L'aphorisme disant que lorsqu'un joc­key gagne une course, c'est, en réalité, le second qui l'a perdue, est souvent justifié par une faute de tactique de ce dernier.
Les défaites sensationnelles d'un grand crack dans des luttes sévères contribuent plus à sa réputation que des victoires mo­destes dans de courts handicaps ; parfois, de glorieux insuccès constituent des performan­ces plus sérieuses que des succès faciles.
La responsabilité de la défaite peut incomber à l'entraîneur, ou au jockey, mais pour se dégager, ils accusent, avec en ensemble parfait, le cheval, leur vic­time résignée.

Et ce sont tous ces points de vue diffé­rents qui avaient inspiré au chroniqueur hippique belge, Dewatine, dans son caté­chisme sportif, ce petit entrefilet humo­ristique, qu'il est permis de supposer pris sur le vif :
« Lorsqu'un cheval vient d'être battu, quels sont les propos courants du proprié­taire ?
— Que son entraîneur lui a donné un galop de trop.
— Et ceux de l'entraîneur ?
— Que le terrain était trop lourd et que le jockey n'a pas su le monter.
— Son lad exprime-t-il une opinion ?
— Oui, que l'entraîneur était trop doux et n'a pas assez travaillé l'animal.
— Et le parieur ?
— Qu'on l'a tiré.
— Le jockey ?
— Que c'est une rosse qui ne gagnerait pas à réclamer à deux louis.
— L'éleveur ?
— Qu'on n'engage jamais le cheval sur la distance.
— Et que dit le cheval ? - Il ne doit pas parler. »

Les chevaux « décevants », les « rogues », les « cardiaques », qui ne peuvent accomplir l'effort ultime, sont souvent les « défai­tistes » du turf et la bête noire du parieur.
II est bien rare que la victoire d'un cheval, si peu escomptée qu'elle ait été par la majorité des parieurs, ne comporte pas une explication rationnelle : la grosse cote est plus souvent l'apanage d'un bon cheval qui retrouve sa forme ou que servent des conditions avantageuses de poids, de terrain, de distance ou de monte, que celui d'un « outsider » sans qualité décrochant une victoire sans lendemain.
On s'est trop hâté, bien souvent, de cher­cher ou de supposer une entente, entre jockeys ou entre entraîneurs, pour couvrir un manque de perspicacité ou une faute d'appréciation.
Il faudrait supposer à ceux-ci un esprit de solidarité qui ne peut exister que bien difficilement entre gens dont les intérêts sont exclusivement personnels, et ne peuvent par définition avoir jamais rien de commun.
La pudeur du public des courses s'effa­rouche, au surplus, avec une réelle facilité, et il n'est pas rare d'entendre crier « au voleur » à la suite d'une épreuve parfaite­ment régulière. Aussi prompts à s'exalter que faciles à berner, les parieurs ne tien­nent pas toujours assez compte des contin­gences multiples dont dépend le résul­tat de la course, et n'envisagent trop géné­ralement que le bénéfice ou la perte qui en ressort pour eux.
Trop souvent, les parieurs assimilent à des fraudes — du fait de leur cote élevée — les chevaux préparés spécialement pour une épreuve, « affûtés » sur le parcours et sur la distance, mais cachés soigneusement par le propriétaire ou l'écurie.
La majorité des parieurs crie au scan­dale, n'admettant pas — par autosugges­tion — que leur favori ait trouvé meilleur que lui.
En supprimant le pari à la cote, on a néan­moins compromis la sincérité des épreuves ; parfois les résultats sont actuellement faussés à un tel point, que lorsqu'on parie, il n'est plus nécessaire de chercher quel est le cheval qui, par sa qualité et sa préparation, devrait gagner la course, mais quel est le cheval — d'après les fluctuations du marché — que l'on a intérêt à faire gagner.
Jadis, le propriétaire, avec la cote fixe, faisait son pari et avait tout intérêt à ga­gner la course, tandis qu'avec le pari mu­tuel, il ignore, jusqu'au dernier moment, quel sera le rapport de son cheval; s'il constate que tout l'argent va sur lui, il peut donner des ordres en conséquence, et attendre une meilleure occasion.
La course exacte, régulière, est celle dans laquelle le meilleur cheval a gagné.
On dit qu'une course est fausse quand, par suite d'un accident, d'un mauvais état de santé ou de condition momentanément incomplète, le meilleur cheval (le gagnant moral), c'est-à-dire celui qui aurait dû gagner régulièrement, a été battu.
Quand le cheval se trouve dans la course à la place qu'il doit régulièrement occuper, il a « couru sur son mérite ».
Si, au contraire, par suite d'une cir­constance quelconque, il a fait une mauvaise course et a été battu, on dit qu'il n'a pas couru sur son mérite, a fourni une course contradictoire à oublier.
On ne saurait trop répéter que la sévé­rité du train est un gage de la régularité des courses ; la course classique ne devant pas être réduite à l'emploi d'un faux train terminé par un brusque démarrage ; cette tactique — des plus critiquables - anti­sportive — aurait le grave inconvénient de fausser la sélection, facteur améliorateur pri­mordial de la race pure. Trop souvent, les indications chronométriques signalées par les journaux sportifs indiquent des courses au « ralenti ».

L'arrivée

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L'arrivée — le moment le plus pathétique de la course - s'effectue avec accompagnement de cris poussés par les parieurs qui encouragent avec frénésie leurs favoris respectifs.
Si le cheval « favori » gagne, ce sont alors des acclamations frénétiques, mais si, par contre, il perd, la scène d'allégresse prend un aspect d'intraduisible tristesse et d'abat­tement.
Les émotions sportives — redoutables pour les cardiaques — revêtent le maximum d'intensité à l'issue de la lutte restée indé­cise, dans les arrivées serrées, jusqu'à la dernière seconde.
Le juge à l'arrivée, pour remplir ses fonctions, est placé dans une tribune cons­truite exactement en face du poteau d'ar­rivée. Sa situation lui permet d'apprécier sainement les distances qui séparent les
chevaux.
Les effets d'optique, dont le public est souvent victime, reconnaissent pour cause la situation du spectateur relativement au winning-post. Les parieurs, placés en deçà du poteau, sont toujours portés à croire que le cheval placé contre la corde est ga­gnant ; au contraire, ceux situés au-delà, ne le considèrent que placé. Ces résultats contradictoires ne s'observent évidemment que dans le cas d'une course très disputée. Les fonctions du juge à l'arrivée —dont le classement est sans appel — demandent une grande habitude, beaucoup de sang-froid et de décision. Il doit surtout ne pas se laisser impressionner par les manifes­tations bruyantes du public.
La photographie des arrivées, utilisée depuis une quinzaine d'années en Bel­gique, compte à l'heure actuelle de nom­breux partisans ; elle constituerait une mé­thode excluant scientifiquement toute pos­sibilité d'erreur.
Les adversaires de ce procédé prétendent — et la pratique a montré la fausseté de leur assertion — que le cheval rapproché le plus de l'objectif jouissait d'un avantage. .Les épreuves contradictoires obtenues avec deux appareils, dont l'un était placé du côté du juge, et le second du côté opposé de la piste, ont montré, dans les deux cas, la régularité de l'ordre d'arrivée sans aucun avantage pour l'un ou l'autre cheval.
Dans les arrivées serrées, où les trois premiers finissent parfois dans un espace inférieur à une longueur, substituer à la défaillance toujours possible du juge, un arbitre « photographique » dont l'impartialité ne pourrait être suspectée, constituerait une innovation heureuse.
Sous le rapport de l'ordre d'arrivée, les distances qui séparent les chevaux peuvent être des plus variables ; les expressions sportives utilisées sont les suivantes : un nez, une courte tête, une tête, une demi encolure, une encolure, une demi-longueur, trois quarts de longueur, une longueur, plusieurs longueurs ; « loin » quand l'éloignement est accusé.
Le cheval peut gagner — d'après l'argot du turf — dans un « fauteuil », dans un « canter », la tête au poitrail, en se pro­menant, d'une haie, etc.
Gagner de « justesse » désigne un cheval n'ayant qu'un faible avantage sur son ad­versaire, juste l'intervalle indispensable pour le qualifier gagnant.
Le dead-heat est déclaré lorsque le juge à l'arrivée confond dans la même verti­cale les deux nez des concurrents arrivés en tête. Ces épreuves nulles proviennent rarement d'une parfaite égalité de classe, mais beaucoup plus souvent des incidents de parcours.
Sous le rapport de la fatigue, du surme­nage, le cheval peut finir « éprouvé », « très éprouvé », « au bout de son rouleau ». « Finir fort » ou « très fort » indique que le cheval possédait encore des ressources.

La Lutte finale

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C'est aussi souvent pour les chevaux de courses qui ont des internationaux à cou­rir, mais pas d'internationale à chanter... et pour cause, une lutte de classes...
Elle commence en général à l'entrée de la ligne droite, où chaque concurrent cherche la bonne place pour faire son ultime effort, ou bien dans les 400 à 600 derniers mètres d'un parcours en ligne droite.
C'est évidemment la partie la plus inté­ressante, la plus palpitante, la plus émotionnante, la plus angoissante (Mme de Sévigné ajouterait encore d'autres quali­ficatifs) de la course, pendant laquelle les purs sportsmen et aussi les parieurs, pour des raisons toutes différentes, le cœur hale­tant et la respiration angoissée, suivent les péripéties de la lutte engagée en faisant des vœux pour le succès du cheval qui porte leurs préférences ou leur argent... bien sou­vent les deux à la fois.
C'est à cette période justement que le plus souvent la « classe » intervient et se manifeste par le plus ou moins de courage que le cheval met à répondre aux sollici­tations de son jockey pour dépasser les autres concurrents.
Etymologiquement, et aussi physiologiquement, le courage est l'expression des qualités du cœur, mais il dépend aussi beau­coup de cet influx nerveux, caractéristique de la race et de la classe qui se transmettent par hérédité.
Pour le reste, il est sous la dépendance du jockey dont l'habileté professionnelle a dû s'employer à modérer ce courage ins­tinctif, pour pouvoir en disposer plus uti­lement, et jusqu'à ses dernières limites, à ce moment psychologique que les sportsmen désignent sous le nom de « finish »... un mot qui fait image, et dont la consonance donne l'impression qu'il file comme une balle... comme un cheval de courses au poteau d'arrivée.
Le courage des chevaux, l'habileté des hommes sont à ce moment les deux meilleurs facteurs du succès. Ceux-ci doivent, avant tout, ne pas perdre la tête quels que soient les incidents qu'ils aient à subir, se rendre, compte de ce qui se passe autour d'eux,, par impression plutôt qu'en cherchant à le voir, la bouche de leur cheval devant les occuper et les préoccuper davantage, afin qu'au moment opportun, n'en ayant pas perdu, le contact, qui est presque une «com­munion », ils puissent faire rendre à leur monture le maximum de ses moyens.
Suivant qu'un jockey se montre plus ou moins habile, énergique ou avisé dans ce moment difficile, on dit qu'il « finit » bien ou mal..., « qu'il a saboté la chance de son cheval » ou bien qu'au contraire « qu'il l'a porté au poteau ». Car c'est surtout aux courses, entre le perdant et le gagnant, qu'il ne saurait y avoir le « juste milieu » » d'ap­préciation, siège de la vertu, dit le pro­verbe !
Quant aux chevaux il en est beaucoup qui, pour des raisons variables, constantes ou passagères, se refusent à cet effort exaspéré, dépassant leur volonté ou leur courage, déjà soumis à une rude épreuve par la distance parcourue préalablement à un train sévère.
Certains, par suite d'une disposition na­turelle, mais mauvaise, de leur caractère, d'autres, découragés, écœurés — encore un mot qui fait image — après plusieurs , échecs dont ils sont restés très éprouvés, se refusent à se livrer complètement, quelles que soient les sollicitations de leur jockey. Ce sont les chevaux qui finissent mal, qui lâchent leurs mors, qui refusent de s'employer, qui fuient sous le bâton, appuient sur les voisins et qui, à plus ou moins brève échéance, viennent grossir les rangs des «rogues », des « mauvais cœurs », des « bêtes à chagrin », autant de non-valeurs, dont il faut avoir le courage et la sagesse de se débarrasser le plus rapidement possible. D'autres chevaux, au contraire, qui sont les bons ouvriers du turf, ayant un cœur mieux accroché, un moral mieux trempé, un courage plus persévérant, plus d'âme enfin, dans l'effort final, se dépensent avec une énergie inépuisable, quasi-désespérée, en semblant comprendre et partager l'in­fluence morale de l'homme qui les anime, les encourage et les soutient. Et il est, dans l'histoire anecdotique du turf, de nom­breux exemples de chevaux qui, succom­bant dans une lutte désespérée, se sont jetés à belles dents sur leur concurrent plus heureux, pour l'empêcher de les dé­passer, comme s'ils en devaient ressentir une quelconque humiliation ?
...Finis coronal opus ! La fin couronne l'œuvre, est-il dit, et il est bien certain que « bien finir » doit être une des qualités les plus appréciées et les plus indispensables d'un jockey et d'un cheval de courses...

Les faux-départ

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Les faux départs — l'écueil redoutable du training et du trotting — qui faussent la régularité des courses et lassent parfois la patience des sportsmen, reconnaissent des facteurs complexes inhérents : 1° au cheval (impressionnabilité, rétivité, etc.) ; 2° aux jockeys (désobéissance aux ordres du star­ter ; 3° à l'aptitude professionnelle du star­ter (décision, calme, sang-froid, patience) ; 4° au fonctionnement plus ou moins perfec­tionné des différents modèles de starting-gate.
Le faux départ a lieu quand un ou plu­sieurs chevaux, rangés en ligne pour se préparer à partir, s'élancent volontaire­ment ou non, avant que le starter n'ait donné le signal en abaissant le drapeau ou levé les rubans.
Les faux départs, sont parfois acciden­tels ou, pour mieux dire, involontaires, c'est-à-dire qu'un cheval impatient se ren­dant compte qu'il va courir, force la main de son jockey et part malgré lui. Il entraîne même quelquefois un ou plusieurs de ses adversaires.
Mais le plus souvent les faux départs sont provoqués, les jockeys cherchant — parti­culièrement dans les courses à petites dis­tances — à prendre un avantage illicite en partant avec une avance sur leurs concurrents.
Souvent, quand un cheval est connu pour avoir un caractère difficile, quelques-uns de ses adversaires cherchent à lui faire prendre un ou plusieurs faux départs, afin que, s'ar­rêtant difficilement, il s'épuise avant la course. Il y a pour les jockeys deux manières d'effectuer cette manœuvre. La plus simple est, au moment où les chevaux se mettent en ligne, de partir avant que le signal ne soit donné. La seconde, plus habile peut-être, consiste à se placer derrière le pelo­ton et à ne se mettre en ligne que quand les autres chevaux impatientés, ont pris un ou plusieurs faux départs. En restant ainsi derrière les concurrents, un jockey paralyse le starter, pendant que ses adversaires se tour­mentent et s'impatientent. Il faut un cheval très calme pour exécuter cette tactique.
Les faux départs répétés — dont la fré­quence, hélas ! est désespérante — déter­minent, principalement chez les chevaux « hypernerveux », un déficit énergétique susceptible de compromettre leur succès ; certains laissent leur chance à la starting. A cette cause de dépression, il convient d'ajou­ter celle consécutive aux parcours supplé­mentaires effectués. Certains concurrents effectuent plusieurs fois des distances en avant, variables de 100 à 200 mètres. Quel­quefois, le contre-signal est donné si tardi­vement que les chevaux, déjà en plein train, ne peuvent être arrêtés qu'après 500 mètres environ. Il serait puéril, dans ces conditions, d'insister sur le rôle né­faste des faux départs.
Le dressage incomplet des chevaux à la starting-gate, et surtout l'indocilité des jockeys, jouent le rôle dominant dans les faux départs.
Eliminer les « rogues au départ » devrait être érigé en règle absolue, car il est anti­sportif de sacrifier la chance des bons che­vaux par une série de faux départs, à celle d'un « rétif » qui constitue, du fait de son irritabilité, un déchet sportif.
Les règlements en France imposent le départ de pied ferme ; mais cette règle, en réalité, est fictive, car les jockeys — sauf de très rares exceptions — cherchent frauduleusement à bénéficier des avantages dévolus — sous le rapport de la vitesse ini­tiale — au départ à l'élancé. Certains, parmi les fanatiques de cette tactique, considérant les rubans comme un obstacle à franchir, abordent la starting-gate au galop.
La possibilité du départ de pied ferme — le seul pouvant théoriquement assurer la régularité des courses — est niée par les jockeys qui affirment, du fait de l'extrême nervosité des pur sang, ne pouvoir ob­tenir l'immobilité et l'alignement des che­vaux. En outre, ils prétendent que de fré­quents et graves accidents, dus aux mou­vements violents de défense (pointer, ca­brer, ruades, etc.) pourraient s'observer.
En réalité, le départ de pied ferme, pour les jockeys fraudeurs, ne leur permet­trait pas, par des déplacements désordonnés et voulus de leur monture, de gêner un concurrent au départ.
En toute équité, on peut affirmer que l'indocilité, la désobéissance, l'insubordi­nation des jockeys compliquent le rôle ingrat du starter. La rétivité des cavaliers explique pourquoi l'usage de la starting-gate n'a pu faire acquérir — comme on était en droit de l'espérer — l'alignement méthodique des chevaux et la régularité mathématique des départs.

Le train de la course

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Le train est l'allure à laquelle se fait une course ; il est lent, ralenti, normal, vite ou excessif.
Les Anglais ont un axiome qui résume parfaitement l'importance du rôle joué par le train dans l'appréciation du mérite d'un cheval. «Il n'y a, disent-ils, que le train qui tue ». Cette formule renferme la solution de toutes les discussions oiseuses sur la vitesse opposée au fond, sur l'aptitude de certains chevaux à parcourir une distance plus ou moins longue, sur leur supériorité relative suivant la durée d'une course.
Le train est la clef de presque toutes les contradictions observées dans le training et le trotting, de ces performances re­marquables accomplies par quelques che­vaux dans certaines mains, de leur im­puissance apparente ou de leur défail­lance temporaire quand ils sont mal menés.
L'entraînement peut développer l'action, comme tout exercice, mais est impuissant à donner au cheval une allure qu'il ne possède pas naturellement.
Le train, la seule raison d'être de la classe, n'est pas toujours fonction de la conformation du sujet ; il peut exister chez un cheval défectueux et être réduit chez l'animal le mieux conformé, le plus har­monique en apparence.
Une différence d'action entre deux che­vaux exerce un effet mécanique contre lequel il est inutile de chercher à lutter, quelle que puisse être la qualité individuelle de celui dont la vitesse est inférieure. A chaque foulée de galop, la supériorité se fait sentir ; elle augmente en raison de la distance de la course.
Parfois les inégalités de train sont si accusées entre chevaux de classes diffé­rentes, que la différence de poids est sou­vent impuissante à les combler. Le train du cheval de courses est une qualité en quelque sorte tellement abstraite, inap­préciable extérieurement (la longueur, la direction des rayons locomoteurs, ne don­nant que des renseignements imprécis et parfois contradictoires), que seul un essai permet de l'apprécier.
Il est dès lors aisé de comprendre l'im­portance qu'exercé le train sur une course, et de prévoir les résultats variables ré­sultant de sa plus ou moins grande sévé­rité.
Le cheval dont le train est le plus puis­sant doit mener la course sévèrement, de telle manière que ses concurrents mis hors d'état ne puissent lui disputer la victoire près du poteau.
Si, en raison de la distance, cette tâche devient hasardeuse, on lui adjoint un com­pagnon, moins bon que lui, mais d'une qualité suffisante pour mener la course 'à sa 'convenance pendant un certain temps. Le cheval sérieux prend le train à son compte, quand son camarade est épuisé, et lorsque la distance à parcourir lui per­met de tenir le maximum de son train jusqu'au bout.
Il est rare que cette tactique, judicieuse ment employée, ne soit pas couronnée de succès. C'est ce que l'on est convenu d'ap­peler « faire le jeu » en assurant un train soutenu de bout en bout de la course.
Si, au contraire, un concurrent de pre­mière classe, confiant dans sa supério­rité, laisse marcher la course d'un train à la convenance de ses adversaires, il peut être battu dans la ligne droite par un cheval doué d'une pointe de vitesse.
Aussi faut-il attacher une grande im­portance au train dont une course a été [ menée. S'il a été sévère, c'est une réfé­rence en faveur du gagnant ; si, au contraire, il a été lent, la course perd beaucoup de sa régularité et de sa signification.
Dans tous les cas, et on doit le comprendre après les explications qui précèdent, un jockey ne doit jamais, sauf dans la lutte ultime, sortir un cheval de son train, quelles que soient d'ailleurs les circonstances qui se produisent pendant la course.
Le train utilisé en course, en dehors des aptitudes du cheval (flyer, stayer), est fonction de la distance, du poids, de l'état du terrain, etc. Les déboulés (800 à 1.000 mètres) comportent de bout en bout l'emploi du plein train ; les épreuves de fond de 2.000 à 4.000 mètres utilisent pendant les trois quarts du parcours un train moyen.
Accidentels ou provoqués, les incidents de parcours constituent, par leur fréquence et leur diversité —ainsi qu'en témoignent les échos sportifs — un des facteurs les plus importants de la glorieuse incertitude du turf.
Dans une course, il arrive parfois que le meilleur cheval, se trouvant paralysé par un malheureux incident, soit battu, bien qu'intrinsèquement, il soit meilleur que le vainqueur.
Le nombre élevé des concurrents, l'inex­périence des jockeys au début de leur car­rière, les mauvais départs, les bousculades, les dérobades, les glissades, les chutes, l'encerclement, l'erreur de parcours, faussent le résultat des courses. '
A cette énumération, ajoutons le cheval « emballé » qui peut effectuer parfois un tour de piste complet et causer des accidents aux autres chevaux. Un bruit soudain, l'appari­tion subite de corps blancs en mouvements (papiers, journaux, programmes, etc.), un accident de harnachement, une douleur subite, l'emploi immodéré de la cravache ou de l'éperon, etc., incitent le cheval impres­sionnable à s!emballer.
Les dérobades, en dehors de la rétivité, peuvent reconnaître pour causes : un dressage insuffisant, la fatigue, le surme­nage, les anomalies visuelles, la sévérité des obstacles, la monte insuffisante, etc.
Certains « dérobards » invétérés compro­mettent le sort de la course par leur irré­gularité désespérante.
Les écarts, toujours à redouter, particu­lièrement dans la ligne droite d'arrivée, chez les chevaux qui en sont coutumiers à l'en­traînement, causent souvent des insuccès.
Les glissades — dont la fréquence varie avec l'état du terrain et le mode d'uti­lisation des sujets (plat, steeple) — en dehors des chutes qu'elles peuvent provo­quer — font parfois rétrograder au dernier rang.
La diversité et la sévérité des obstacles rencontrés à . Auteuil (barrières, double-barrières, bull-finch, oxer, petit et grand open-ditch, rivière du huit, rivière des tri­bunes, etc.) expliquent la fréquence rela­tive des chutes.
En 1922, sur 855 partants en steeple, il a été observé 141 chutes, soit 16,96 % ; sur 1.117 partants en haies, on a constaté 78 chutes, soit 6,98 %.
Depuis l'origine des courses, les bouscu­lades existent, mais actuellement le nombre élevé des partants, la difficulté de traverser un peloton serré, la recherche de la bonne place, l'inexpérience des apprentis, etc., rendent plus fréquents ces incidents qui faussent la régularité des courses.
Parmi les bousculades — observées le plus fréquemment aux abords des obstacles et surtout dans la ligne droite — il convient de signaler celles provoquées dans un but frauduleux pour gêner un concurrent. L'ar­deur de la lutte, la griserie de la vitesse incitent parfois les jockeys à pratiquer ces manœuvres indélicates. La fréquence clas­sique des bousculades au dernier tournant a incité les Commissaires de la Société d'En­couragement à avoir un délégué à cet endroit.
Certaines bousculades, du fait de leur intensité, en dehors des accidents qu'elles peuvent provoquer (contusions sur les pi­quets pour les chevaux à la corde, chute du cheval ou du jockey), mettent hors de course le « bousculé».
Les enquêtes faites par les Commissaires, à la suite des réclamations déposées, mon­trent le plus souvent que les responsables sont des concurrents dont la chance était plus que douteuse, alors que les victimes sont les sujets en vue de la course. Aussi, bien des jockeys, — pour éviter toutes les bousculades, confiants dans les ressources de leur cheval, — n'hésitent-ils pas à faire le tour du peloton de leurs adversaires, pour ne pas être gênés dans l'effort suprême.
La fréquence des bousculades observées dans le training reconnaît pour cause l'inob­servation par les jockeys des règlements spor­tifs qui défendent de « couper » un cheval sans avoir deux longueurs et imposent la conservation de la ligne droite.
Parfois, la bousculade initiale dans un lot compact fait plusieurs victimes ; at­tribuer, dans ce cas, la responsabilité, est souvent une tâche délicate, dévolue aux Commissaires.
Ces derniers ne sauraient appliquer des sanctions trop sévères aux jockeys atteints de « bousculomanie », dont certains ont cette triste spécialité.
L'encerclement — l'impossibilité pour le jockey de trouver un passage dans le rideau des concurrents — fait perdre toute chance à « l'embouteillé ». Seul, un grand sens d'observation et de décision permettent à « l'encerclé » de profiter d'un jour libé­rateur.
L'erreur de parcours est heureusement un incident relativement rare. On ne saurait réprimer trop sévèrement cette lourde faute, les jockeys devant étudier, à l'aide de l'af­fiche apposée dans la salle des balances, les parcours à effectuer. Trop souvent l'er­reur de piste provoque, par imitation, les dérobades des chevaux voisins.
Les saignements de nez, souvent l'apanage des «cardiaques», constituent un inci­dent de course relativement fréquent ; lors­qu'ils se manifestent, le train est subite­ment diminué, le cheval ne répondant plus aux sollicitations du jockey doit être arrêté. Les paris effectués sur des chevaux sujets aux hémorragies nasales sont des plus aléa­toires.
A cette liste déjà longue des incidents de parcours, ajoutons les accidents (selle tour­née, rupture de sangle, d'étrivière, perte d'un étrier à la suite de bousculades ou d'un saut, perte de la cravache, fers retour­nés, boiteries diverses (atteintes, claquage, entorse, luxation, fracture, etc.), susceptibles de compromettre, par des mécanismes diffé­rents, le résultat de la course.

La corde

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La corde,
en matière de course, semble être recherchée par les jockeys pour en tirer profit, autant que celle qui, dans l'ordi­naire de la vie, a pu accrocher un pendu, et dont les gens superstitieux attendent le bonheur et la fortune.

Au point de vue sport, il n'y a pas de superstition de la part des jockeys mais bien de réels avantages. Il est facile de comprendre que sur une piste circulaire, surtout de grande largeur, et pour de longues distances nécessitant plusieurs tours (cas fréquent dans les hippodromes de province, les che­vaux placés à la corde ont le bénéfice d'un parcours plus réduit. De plus, cette corde donne à la fois au jockey et au cheval qu'il monte, un appui moral et un appui réel, en les aidant à rester dans leur ligne.
Dans la course en ligne droite, en parti­culier, il arrive qu'un cheval prenant la tête, alors qu'il se trouve au milieu de la piste, devient hésitant dans son allure, se met à « flotter » au risque de ne pas conser­ver sa ligne, et de provoquer des bouscu­lades qui l'exposent à perdre la course ou à se faire disqualifier s'il gagne.
L'importance de la place à la corde a été reconnue officiellement par les diffé­rentes sociétés de courses qui, depuis quelque temps, tirent au sort la place des joc­keys, et leur donnent des numéros dont le chiffre le plus élevé les éloigne davantage de la corde.
D'autre part, beaucoup de sportsmen, tenant compte aussi de l'influence de la place des chevaux à ce sujet, ont demandé que ces numéros soient portés à leur con­naissance par le tableau d'affichage. Cette demande légitime a été entendue et ratifiée par les dirigeants de la Société d'Encou­ragement, qui donnèrent ainsi satisfaction à leur très nombreuse clientèle parmi la­quelle se rencontrent les meilleurs juges pour apprécier le côté pratique et utili­taire de certaines innovations?
Disons pourtant que la corde ne pré­sente pas que des avantages ; on se trouve plus facilement « enfermé » dans son voisi­nage ; des concurrents mal intentionnés peuvent vous pousser dessus plus près qu'on ne le désirerait, et enfin, cette lice qui, dans certains cas est secourable, peut par­fois provoquer des accidents ; elle est, en effet, soutenue, de distance en distance, par des poteaux qui sont toujours dange­reux soit pour le cheval, soit pour son cavalier dans le moindre contact qu'ils peuvent avoir entre eux.

Les tactiques de courses

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La tactique en courses, c'est l'art avec lequel un jockey pilote son cheval pour lui donner les plus grandes chances possibles de gagner. En dehors de l'habileté profes­sionnelle qui varie avec les hommes, il y a aussi la manière de s'en servir qui doit varier avec les chevaux et le genre d'épreuves auxquelles ils prennent part.

Une course de 1.000 mètres ne se court pas comme une épreuve de 2.400 mètres ou davantage ; la course en ligne droite est très différente de la course sur une piste circulaire (courses d'attente et courses en avant) ; les chevaux de deux ans ne se montent pas comme des chevaux d'âge. Il y a les départs au drapeau et les départs à la starting-gate... Il y a des chevaux trop nerveux et trop chauds qui ont besoin d'être calmés, d'autres trop froids, pa­resseux ou lymphatiques qui ont besoin d'être secoués plus ou moins fortement, etc. Autant de problèmes différents, dont on demande la solution au jockey, chaque fois, nous allions dire qu'il met le pied à l'étrier, mais pour être plus exact, il faut dire chaque fois qu'on le met en selle. Si le cavalier a déjà monté le cheval, il a pu recon­naître ou apprendre bien des choses par expérience, sinon l'entraîneur faisant office de « magister » le renseigne utilement pour qu'il tire le meilleur profit de son pension­naire. C'est la « cérémonie des ordres », à laquelle participe souvent le propriétaire, qui n'a pas toujours voix au chapitre, mais dont la présence souligne l'importance de là consigne passée avec non moins de recueil­lement que de mystère. Il n'y a ordinai­rement pas de mur à côté pour avoir des oreilles, mais il y a beaucoup de spectateurs, curieux et parieurs, à l'affût, d'un quel­conque renseignement pour les aider ou décider à placer leur argent, et ma foi, aux courses, c'est encore, bien plus qu'ail­leurs, « chacun pour soi ! ! ».

Les tactiques susceptibles d'être utili­sées en courses, aussi bien dans le training que dans le trotting, ne sauraient être présentées sous forme de règles, elles sont trop et surtout trop variables, mais nous pourrons du moins dire quelques mots concernant celles qui sont employées le plus couramment par les professionnels consciencieux sans qu'ils soient pour cela consacrés coram populo comme des « as de la cravache » ou une première étoile du firmament du turf.

LA COURSE D'ATTENTE

On dit d'un cheval qu'il a fait une course d'attente ou mieux, que son jockey lui a fait faire une course d'attente, quand il reste à l'arrière-garde du peloton pendant la plus grande partie du parcours pour venir faire son effort à la fin et gagner dans les cinquante derniers mètres.
Cette tactique, qui donne en général d'excellents résultats, est malheureusement d'une réalisation assez difficile. Il faut que le jockey puisse faire preuve d'autant d'intelligence que de patience et d'esprit de décision. Il ne faut pas, en particulier, qu'il prolonge par trop sa course d'attente, si les concurrents qui le précèdent l'em­mènent dans un faux train, alors qu'il monte un cheval dont la qualité première est d'avoir de la tenue ; en pareil cas, l'es­prit de décision qu'on lui réclame doit l'in­citer à ne pas hésiter à prendre le train pour son compte.
Sans compter le désir légitime et instinc­tif du jockey, toujours tenté d'aller de l'avant, dans l'espoir du succès, il est certains chevaux particulièrement nerveux ou tirant comme des voleurs, avec lesquels il est difficile de rester derrière. En pareil cas, les efforts de l'homme s'opposant à ceux du cheval, sont autant de pertes d'é­nergie qu'il y aurait avantage à conserver pour la lutte finale.
Un autre inconvénient de la course d'at­tente est le risque que court le jockey, surtout s'il manque d'expérience et d'ha­bileté, de se laisser enfermer dans le peloton ou bien de trouver devant lui, au moment de son effort, une ligne de chevaux qui l'obligent à venir à l'extérieur et, de ce fait, à perdre quelques longueurs.
La course d'attente en ligne droite, encore bien plus délicate, d'abord à cause des par­cours réduits qui imposent presque la course de bout en bout, et puis aussi parce que le jockey devant suivre strictement sa ligne, son habileté professionnelle ne lui est plus d'aucun secours pour choisir sa place pen­dant la parcours.

LA COURSE EN AVANT

Si la tactique de la course d'attente est difficile dans son application, celle de le course en avant est à portée de la science de tous les jockeys qui n'ont qu'à poser les mains et laisser courir. Mais si les résul­tats de la première manière sont la plupart du temps favorables, il n'en est pas de même dans la seconde, où, non seulement le jockey ne réussit pas pour son propre compte mais sou­vent tire les marrons du feu pour le voisin. L'augmentation du nombre des partants dans les courses actuelles, la fréquence des bousculades, la difficulté, quelquefois l'im­possibilité pour un cheval de traverser un peloton fourni, l'emploi de la monte et des nouvelles méthodes d'entraînement améri­caines sont autant de raisons qui peuvent ex­pliquer pourquoi la course en avant est devenue d'une pratique à peu près courante. Sur les longues distances, elle ne peut être pratiquée qu'avec un très bon cheval ayant beaucoup de tenue, lui permettant de tirer avantage d'un train soutenu de bout en bout. Elle est par contre à peu près impossible à utiliser avec certains chevaux qui ne se livrent qu'autant qu'ils sont « encadrés », ou avec d'autres dont le carac­tère est sujet à caution et dont il faut pré­voir des incartades.
De même, elle ne saurait être une tac­tique recommandable pour un cheval por­tant un poids élevé, surtout dans un terrain lourd.
La course en avant est particulièrement indiquée pour les chevaux vites sur leurs jambes, disposant d'une vitesse initiale, leur permettant de s'assurer un certain nombre de longueurs sur lesquelles ils peu­vent vivre pendant un certain temps et même jusqu'au poteau d'arrivée.
Certains chevaux de handicaps qui por­tent des poids « duvet » s'en sont fait une spécialité qui leur réussit fort bien, et le plus souvent à grosse cote, à cause du « minuscule jockey » dont il faut réclamer les services pour faire le poids.

FAIRE LE JEU

On dit d'un cheval qu'il fait le jeu dans une course, quand il prend la tête dès le départ au lieu de rester groupé avec le gros du peloton de ses concurrents. On dit aussi, pour désigner cette tactique, œ qu'il prend te train à son compte », dans le but de forcer les autres chevaux à suivre son « jeu », sous peine de le laisser échapper et de Ke pouvoir le rejoindre avant le po­teau.
Quand un propriétaire fait partir plusieurs chevaux dans une course, ce qui est particulièrement fréquent dans les grandes épreuves et de la part des grandes écuries — (le comte de Chavagnac dont l'écurie n'est pas très nombreuse mais est très importante de par la qualité de ses pensionnaires, a pris l'habitude, qui paraît à beaucoup superstitieuse, d'en mettre trois en ligne dans certaines courses. Sans doute sait-il que les nombres impairs réjouissent les dieux... du turf et que dans l'occurrence, trois vaudront mieux que deux). Il espère ou désire gagner avec un cheval plutôt qu'avec l'autre. Dans cette intention, le cheval sacrifié part seulement pour aider au succès de son compagnon, et lui rendre pendant la course les services légalement permis, en particulier celui de s'effacer au moment psychologique, et de lui céder sa place ou encore mieux la corde, en le laissant passer.
C'est toujours un grand avantage, pour un propriétaire, d'avoir deux chevaux dans une même course, cela lui permet de dis­poser"dû Train ai son gré, mais pour faire utilement le jeu, il faut pourtant que les deux chevaux soient d'une qualité suffi­sante pour que celui qui part en tête (le leader) ne soit pas considéré comme une quantité négligeable par les concurrents.
Il est arrivé souvent que certains che­vaux chargés de faire le jeu et se trouvant « surclassés » dans une grande épreuve en sont, malgré tout, sortis vainqueurs pour avoir été négligés par les autres adver­saires pensant qu'ils ne couraient pas leur chance.
La tâche ingrate de faire le jeu est aussi difficile, au moins pour le jockey qui l'exé­cute, que pour celui chargé de monter le favori du propriétaire. Il doit posséder un grand tact, afin de ne pas faire un jeu déses­péré et inutile en marchant un train tel que son cheval ne puisse le soutenir pen­dant toute la durée du parcours. Il doit cependant mener la course assez vite pour que son camarade y trouve un avantage. Il lui faut se réserver pour la dernière phase de la lutte, où il doit encore occuper aux premiers rangs une bonne place, pour la céder à son compagnon, quand celui-ci arrive et se détache pour gagner. L'exécution de cette manœuvre demande un tact, une pré­cision que ne possèdent pas tous les joc­keys. « L'union fait la force », mais ne fait pas toujours le succès en courses.

LE FAUX TRAIN

Le faux train est une ruse de bonne guerre qu'emploie un jockey dans une course, vis-à-vis de ses concurrents, avec l'inten­tion de les tromper et d'en mettre le plus possible dans sa poche, comme on dit en argot du turf. Elle consiste à prendre, si possible, en même temps qu'un départ volant, la tête du peloton comme si on cherchait à galoper à tombeau ouvert, puis progressivement, calmant ce beau feu passager, le jockey reprend petit à petit son cheval pour le laisser s'en aller librement dans une action régulière, qui peut être même au-dessous de son action habituelle.
Dans ces conditions, le leader, au lieu de se dépenser inutilement, comme cer­tains sont tentés de le croire, garde des réserves pour les utiliser utilement dans un déboulé final ou dans une lutte mouve­mentée sur le poteau.
Cette tactique, d'une exécution difficile, sera réservée à certains jockeys peu nom­breux et bien connus, qui en tirent le plus souvent de très grands avantages.

Le starter

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Le rôle dévolu au starter, — le bouc émis­saire sportif — des plus complexes, consis­tait à surveiller le classement, l'alignement des chevaux, à assurer le déclanchement de la machine, et à juger de la validité du départ. Etre juge et starter constituait une dua­lité paradoxale ; cette anomalie sportive est disparue en France, du fait de la créa­tion récente d'un Commissaire au départ. Cette division du travail, le rôle technique étant dévolu au starter, et l'appréciation de la validité du départ incombant au Commis­saire, nous paraît de nature à améliorer la rapidité et la régularité des départs.
Le juge au départ, en contact fréquent avec les jockeys, plus à même d'apprécier sainement l'indocilité des cavaliers, pourra édicter des sanctions sévères qui exerce­ront une action salutaire sur la rétivité proverbiale de certains cavaliers.
Espérons que, soumis à la double sur­veillance du juge et du starter, les jockeys n'exécuteront plus les voltes multiples qui rendent fictif le départ de pied ferme impo­sé par les règlements sportifs.
Le starter, souvent hué, sifflé, insulté par le public, envisage avec calme et sang-froid ces manifestations orageuses, res­tant indifférent aux critiques parfois sévères de la presse sportive. Les fonctions du starter — il faut le reconnaître — sont des plus ingrates à remplir.
D'une récente lettre du colonel Féline, le sympathique Commissaire au départ sur les hippodromes de plat de la Société Spor­tive d'Encouragement, nous extrayons les passages suivants, des plus instructifs pour les sportsmen.
« II y a les départs et les faux départs. Le starter donne les départs et reprend les faux départs.
» Lorsqu'il voit les chevaux à peu près en ligne et droits, le starter donne le départ. Chaque jockey, suivant son habileté, le prend plus ou moins bien et, suivant que le nombre des jockeys ayant bien monté est plus ou moins grand, le départ pour le spectateur est plus ou moins bon. Si, au contraire, le nombre des jockeys ayant mal monté est plus grand, le départ, pour le spec­tateur, est moins bon. Si un ou plusieurs jockeys ne partent pas, le départ, pour le spectateur, est franchement mauvais. Il n'en est pas moins vrai que le starter avait donné fort bien le départ et qu'il est dans l'impossibilité de faire partir tous les che­vaux à la même allure et encore plus in­capable d'empêcher un jockey de rester au poteau.
» II y a faux départ si un jockey part avant que le signal soit donné par le starter ou si, au moment où le starter donne le départ, un cheval qu'il n'avait pas vu se trouve retourné.
» Lorsqu'on parle de bons et de mauvais départs et qu'on met les uns et les autres exclusivement sur le compte du starter, on commet donc une erreur. Il y a bien, en effet, de bons et de mauvais départs, comme je viens de l'expliquer, mais, dans ces cas, le starter n'y est pour rien, les joc­keys y sont pour tout.
» Étant Commissaire au départ, je suis là pour juger, dans le cas où il y a faute, qui l'a commise, le starter ou les jockeys. Je pense que si le public savait ce que je viens d'écrire, les choses se passeraient avec plus de calme. Je réponds bien aux aimables spectateurs qui, lorsqu'un départ est bon, me font des compliments, que c'est au starter et aux jockeys qu'ils doivent les adresser, mais lorsque je suis copieusement engu...irlandé par des gens irascibles, je ne veux rien répondre et, voudrais-je le faire, que je ne le pourrais pas étant donné le nombre des crieurs qui, ignorant sans doute quelles sont mes fonctions, me décer­nent des compliments qui, dans ce cas, ne sont pas plus mérités que dans le cas précédent, mais qui, vous voudrez bien le croire, sont moins agréables à entendre. » Le starter, en dehors d'une impartialité absolue, qualité primordiale, doit posséder du calme, du sang-froid, un sens d'observa­tion développé et surtout une grande rapidité de décision.
Les difficultés du starter varient — en dehors de l'indocilité des chevaux souvent fonction de celle des jockeys — avec le nombre plus ou moins élevé des partants. Les courses où figurent les apprentis com­pliquent singulièrement sa tâche, du fait de l'impressionnabilité excessive de ces dé­butants.
Parfois, le starter, à la suite de faux dé­parts multiples, confirme en départ les élans les plus désordonnés ; dans certains cas il est dans l'impossibilité de le reprendre lorsque plusieurs chevaux ont déjà dépassé l'aide-starter.
Donner le départ après quelques tenta­tives /Défectueuses, quand un cheval, sans être un rétif, est complètement retourné, est regrettable, mais, d'après les règlements, le starter omnipotent en avait le droit. L'adjonction récente d'un Commissaire au départ fera cesser — espérons-le — cette anomalie regrettable.
Une question se pose: la patience, l'in­dulgence du starter doivent-elles être plus grande* en faveur d'un favori que pour un outsider ?
Lorsque le premier part mal, le public, guidé bien plus par l'appât du gain que par le sport, proteste énergiquement contre le starter; ce faisant, il incite ce dernier — et on ne saurait trop le regretter — à faire preuve de partialité, ce qui est contraire à la régularité des courses.
Le starter « idéal » serait celui qui ignore­rait totalement les chances des chevaux dont il assume le départ ; de ce fait, il ne pourrait être accusé de suspicion.
A propos des conséquences possibles des faux départs, La Veine émet les judicieuses réflexions suivantes :
« A la suite d'un incident qui se produisit au départ d'une course à Toulouse, l'an dernier, les Commissaires de cette Société décidèrent de payer au pari mutuel les chevaux arrivés gagnants et placés et de rembourser ceux qui n'avaient pas pris le départ, bien qu'ayant été sous les ordres du starter.
» Nous avons, à ce moment-là, émis des\ craintes pour l'avenir, cette Décision créant un précédent dangereux.
» Nous n'avions pas tort : hier, à Marseille, le fait s'est reproduit. Dans le Prix du Roucas-Blanc, les jockeys de trois chevaux, Charmeuse, Son Altesse et Gaulette, croyant à un faux départ, restèrent au poteau, cependant que les chevaux de l'écurie Fossati faisaient régulièrement la course.
» Devant les protestations et les cris du public qui avait envahi la piste, les Commis­saires décidèrent de considérer comme va* labiés les rapports affichés pour les ga­gnants et de rembourser toutes les mises perdantes.
» Mauvaise méthode ! Dangereuse pour l'avenir ! »
Le record des faux départs — triste apa­nage sportif — est réservé au trotting. Le rendement de distance imposé par les règlements incite les jockeys et les dri­vers, pour gagner frauduleusement du ter­rain, à partir en avant de leurs poteaux respectifs. La mission du starter est ici des plus ingrates ; échelonnés parfois sur sur un parcours de 75 mètres et plus, les joc­keys et les drivers—particulièrement ceux du groupe arrière — échappent, quelle- que soit sa vigilance, à son contrôle.
Ces considérations font prévoir la fré­quence des faux départs, leur durée lamen­table et justifient pleinement les manifes­tations du public. Certains départs, pour être donnés souvent dans des conditions défec­tueuses, exigent une attente mortelle de quinze à vingt minutes.
Certaines Sociétés — et leur initiative est heureuse — exigent que les chevaux, après les faux départs, reviennent à la starting, non pas à la débandade — comme cela est malheureusement fréquent — mais en marchant en file indienne en dehors de la piste.
Un départ méthodique à la starting-gate devrait comporter les indications suivantes : 1° alignement des chevaux à une certaine distance, en arrière de l'appareil ; 2° inter­diction absolue des voltes ; 3° déplacement des chevaux au pas vers la starting ; 4° lever rapide des rubans, dès que l'ali­gnement est suffisant.
Certes, nous n'ignorons pas que ces pré­ceptes sont faciles à formuler ; mais les difficultés de réalisation dans la "pratique ne seraient pas insurmontables si le jockey — comme tout sportsman digne de ce nom— respectait les règlements.
En toute loyauté, nous devons reconnaître que la désobéissance du jockey aux ordres du starter, bien plus que l'incompétence de ce dernier, — trop souvent et injustement invoquée —joue le rôle prépondérant dans la fréquence des faux départs.
La crainte salutaire des pénalités étant le commencement de la sagesse sportive, il conviendrait — et la nécessité est impérieuse — d'infliger aux jockeys réfractaires des sanctions sévères (amen­des, mise à pied) selon la gravité de la faute.

Le départ

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Du départ — une des phases les plus importantes de la course — dépend souvent le résultat final. Aussi est-il rare que, dans une épreuve importante comportant un champ nombreux, il ne donne pas lieu à quelque tumulte et à des protestations parfois bruyantes.
« Bon départ », expression appliquée à l'ensemble de la course, veut dire que le signal a été donné à propos et bien compris par les jockeys, de telle sorte que les concur­rents sont partis aussi ensemble que pos­sible.
Ce terme utilisé pour un cheval isolé­ment, signifie qu'il est parti d'une manière avantageuse pour lui.
Prendre un bon départ — le rêve de tout jockey — n'implique pas toujours l'utili­sation d'une manœuvre dolosive. Certains « as de la cravache » excellent dans cet art ; tenant leurs chevaux dans la main, ils les jettent en avant avec une telle rapidité qu'ils prennent parfois de suite — particu­lièrement si leurs chevaux sont vites sur jambes — deux ou trois longueurs, bien que partis en même temps que les autres. Certains jockeys, sachant analyser l'at­titude et la physionomie du starter» devi­nent par une sorte d'intuition, l'instant psychologique où le départ va être donné.

La technique de la course - les ordres

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LES ORDRES

Les ordres, la tactique à suivre pendant la course, demandent, pour être formulés rationnellement, une connaissance parfaite du cheval, en particulier de son caractère, de son tempérament, de ses aptitudes.

Une grande pratique des courses est indispensable pour se rendre compte de ce que les adversaires feront ou cherche­ront à faire, des moyens de paralyser leurs efforts pour mener la course d'une manière plus avantageuse, etc.

Le concours de l'entraîneur est pour ainsi dire indispensable au propriétaire dans le choix de la tactique à utiliser, car per­sonne ne connaît le cheval mieux que lui. Les ordres sont plus délicats à donner qu'à exécuter car c'est, pourrait-on dire, la res­ponsabilité morale du succès ; dès qu'un jockey a ponctuellement exécuté les ordres reçus, il est à l'abri de tout blâme.
Il est néanmoins impossible de ne pas laisser au jockey une certaine latitude à cet égard, car, pendant la course, il peut se produire des incidents et accidents susceptibles d'en modifier la tactique, ou la ma­nière de l'appliquer.
C'est précisément l'ensemble de toutes ces difficultés qui demande des qualités tout exceptionnelles chez un bon jockey. Il existe, en effet, une multitude de nuances dans la manière d'exécuter une tactique indiquée ; il faut, non seulement, en com­prendre les termes, mais encore et surtout, l'esprit, la pensée ; de même que celui qui donne les ordres, ne peut se dissimuler qu'ils ne sont pas toujours mathématiquement exécutables.
La tactique à suivre dans une course constitue donc pour le propriétaire une préoccupation et une étude. Le succès dé­pend souvent de sa conception et de son exécution ; aussi est-ce un spectacle qui ne manque pas d'intérêt de voir, avant le départ, chaque jockey s'approcher du pro­priétaire du cheval qu'il doit monter. Dans cet entretien confidentiel, toutes les cir­constances possibles sont énumérées et dis­cutées, sauf, bien souvent, celle qui préci­sément se produit dans la course elle-même.
Trop de précautions nuisent quelquefois; le plus sage est peut-être, quand on a un bon jockey, après l'avoir mis au courant de la nature du cheval, de lui dire de faire pour le mieux, car il est le plus souvent impossible de prévoir les éventualités, sur­tout dans les champs nombreux, qui peuvent se produire.
Diversifiés sont les ordres donnés aux jockeys ; généralement ils comportent les indications suivantes :
faire une course d'attente en deuxième ou troisième position ou à l'arrière-garde du peloton ;
faire une course en avant ;
utiliser le faux train ;
faire le jeu pour un camarade d'écurie ;
effectuer l'effort au moment indiqué ;
courir « enca­dré » ;
gagner sans recourir à l'usage de la cravache ou de l'éperon (interdit aujourd'hui) ;
participer à la lutte avec emploi de la cravache ou de l'éperon ;
prendre un galop public ;
défendre ou ne pas défendre la place, etc., etc.
Citons l'ordre — hélas ! difficile à réaliser — du propriétaire humoriste « partir en avant et y rester... »
Parfois, certains propriétaires, pour éviter, en vue d'une course ultérieure importante, la glorieuse pénalisation des vainqueurs, donnent — malgré l'interdiction du Code des Courses — l'ordre de ne pas gagner. Régulièrement, tout cheval devrait dé­fendre loyalement sa chance, si faible fût-elle, car de nombreux incidents de parcours peuvent réduire à néant les pronostics raisonnes les mieux établis ; la fréquence relative des outsiders ne laisse aucun doute à ce sujet.
Trop souvent les jockeys — véritables automates, victimes résignées des ordres reçus — ne défendent pas la « place ». Cette façon de procéder, des plus criti­quables, tout en faussant la régularité des épreuves, porte un réel préjudice aux pa­rieurs à la « place ».
Les jockeys qui n'ont pas monté aux ordres, peuvent, en cas de course contra­dictoire ou insuffisante, recevoir des Com­missaires un avertissement, avec inscrip­tion au Bulletin officiel des Courses.

Les Jockeys

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Petits hommes, grands personnages,
De tous les poids, de tous les âges,
Ce sont les princes des couleurs
Aux traitements d'ambassadeurs !

Peut-être aurions-nous dû parler tout d'abord de ces professionnels du turf qui, dans l'exploitation du cheval de pur sang, sont les artistes plus ou moins habiles, plus ou moins consciencieux, devant, en dernier ressort, faire rendre à leur cheval, instru­ment non moins merveilleux que délicat, le maximum d'efforts qu'il est possible de lui demander.
Encore qu'ils soient des hommes comme nous tous, ou sur le point de le devenir, — car il en est vraiment qui sortent à peine de l'enfance ou des adolescents si menus et si légers, en particulier les poids duvet, — ils restent, pour le plus grand nombre des ha­bitués des courses, des êtres qui leur sem­blent en dehors des lois de la vie, presque fabuleux, dont l'existence, pourtant si peu ou si mal connue, a le don de passionner les foules.
Cela existait surtout aux temps déjà lointains où les jockeys étaient à peu près tous anglais ou américains, mais, depuis quelques années, le nombre des jockeys français augmentant en même temps que leurs qualités professionnelles se perfec­tionnent, le public des courses, les sentant plus près de lui, se décide à les voir avec plus de raison et de clairvoyance, sans les consi­dérer comme des « surhommes ».
Parmi la pléiade des bons jockeys fran­çais, quelques-uns d'entre eux, déjà classés parmi les étoiles de notre turf, tels que Sem­blât, Marcel et Eugène Allemand, L. Barré, F. Hervé, Amossé, Lepinte, Vatard, etc., rivalisent heureusement avec les jockeys anglais et américains qui, pendant très longtemps, ont joui en France d'une répu­tation et d'une supériorité indiscutées.
Il est indéniable que le succès, dans une course, est toujours le résultat de la colla­boration de l'entraîneur et des jockeys, mais il est particulièrement difficile de dire quel fut, des deux, le meilleur artisan de la victoire. Le premier a pour mission d'accumuler lentement et progressivement, chez son pensionnaire, des réserves d'é­nergie dont l'autre sera le dispensateur pro­digue dans l'espace de quelques instants. C'est dire que le résultat de la course est fonction, dans une très large mesure, de l'habileté professionnelle du jockey, car s'il est, quelle que soit sa virtuosité, impuissant à faire gagner le mauvais cheval qui lui aura été confié, il n'est pas moins certain que, par maladresse, erreur de tactique ou défaillance, il peut annihiler la chance d'un cheval, quasi-certitude du papier.
Parmi les qualités les plus indispensables au jockey, il faut citer l'intelligence d'a­bord, afin qu'il puisse comprendre et faire état des renseignements que lui donne l'en­traîneur sur le caractère et les aptitudes du cheval qu'il monte, avec les ordres qui en sont la conséquence. De même qu'il lui faudra, après la course, faire un compte rendu de ses observations et impressions pour que l'entraîneur et le propriétaire puis-- sent en tirer profit pour des courses ulté­rieures. Ensuite, le jockey doit avoir du sang-froid, ce qu'on est convenu d'appeler de la tête, l'esprit de décision, la notion du train et surtout une bonne main.
Avoir une bonne main — toute la science de l'équitation — est la première qualité à exiger d'un jockey. Le plus grand nombre des défenses d'un cheval proviennent d'une mauvaise main, dont les effets gênent ou paralysent les mouvements de l'animal, lui causent une souffrance, et le déterminent à chercher à se soustraire à des exigences maladroites ou brutales. L'influence d'une bonne ou d'une mauvaise main suffit pour déterminer le gain ou la perte d'une course, en ce sens qu'un cheval se fatigue trois ou quatre fois plus, pendant la durée de la course, quand il est conduit par une mau­vaise main, et ne se trouve plus, par consé­quent, avoir la plénitude de ses moyens au moment de l'arrivée.
Une bonne main ne s'acquiert pas, c'est une disposition naturelle, et une des plus précieuses pour le cavalier. Les plus célèbres jockeys doivent une grande partie de leur supériorité à cette aptitude particulière, toutes les autres en découlent. Un jockey aura beau posséder tout le sang-froid, l'à-propos et l'énergie nécessaire qui lui permet de se placer où il veut et de dis­poser du train à sa convenance, il lui sera impossible d'en profiter si, en raison de sa mauvaise main, il n'obtient pas de son cheval l'obéissance immédiate.
« Mieux fait douceur que violence. » Les aptitudes professionnelles des joc­keys sont variables : certains sont réputés pour monter à merveille les courses de courtes distances ; d'autres excellent dans les courses longues ; enfin, quelques joc­keys ont une réputation pour tirer d'un cheval à l'arrivée, c'est-à-dire dans les cin­quante derniers mètres, tout ce qu'il peut donner, et de battre ainsi souvent un adver­saire égal, quelquefois même légèrement su­périeur.
La première condition indispensable pour assurer l'avenir d'un jockey est qu'il puisse faire, le plus longtemps possible, le poids moyen soit en plat soit en obstacles, sans être obligé de se mettre à un régime trop sévère pour se faire maigrir. C'est là, pour certains jockeys, une préoccupation et une obligation constante qui suffisent à rendre très pénible ou à « empoisonner » complète­ment une existence que tant de gens sup­posent, bien à tort, exempte de tout souci. Le fait est que de se faire maigrir de 17 li­vres anglaises en vingt-quatre heures, ainsi que le raconte Jack Holmes, n'a rien de bien tentant... et c'est pourquoi un autre professionnel, John Day, pouvait dire, dans la même pensée : « Un homme ne connaît le bonheur de vivre que s'il n'a pas le tra­vail d'amaigrissement à supporter ».
La question du poids suffit à influencer et diriger la carrière d'un jockey, qui, dans son jeune âge et dans l'adolescence, peut se consacrer aux courses plates pour les­quelles il n'est pas trop lourd, tandis qu'en prenant de l'âge et de la corpulence, et fatalement du poids, il- est obligé d'évoluer vers les courses d'obstacles où les poids oscillent dans une marge beaucoup plus abordable, entre 60 et 80 kilos.
L'aptitude professionnelle des jockeys sert de base à différentes méthodes de paris dont il sera parlé clans un chapitre spécial (forme, écarts des jockeys, etc.). Néanmoins, il est bon de noter qu'il ne faut pas s'hypnotiser sur la maestria plus ou moins remarquable des « as de la cravache ». Jamais aucun d'eux n'a porté son cheval au poteau autant qu'on le raconte volontiers, et il est même certains sportsmen qui assu­rent, avec une conviction communicative, qu'il n'y a pas plus de cinq livres d'écart entre le premier des cracks jockeys et la dernière des mazettes...

Les entraîneurs

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Messieurs cossus, au teint fleuri.,
Ils ont toujours l'air très réjoui
Car ils exploitent le filon
Qu'il soit « crack » ou bien « canasson ».


Pour tous les amateurs de courses, surtout ceux qui sont « sportifs » ou « hommes de cheval », il ne saurait y avoir, dans le monde du turf, de situation plus agréable et plus enviable que celle d'entraîneur. Son rôle est moins en vedette que celui du jockey, son principal auxiliaire, mais il n'est pas moins important, car ce dernier ne saurait faire davantage que de mettre en valeur, pour un rendement immédiat, les ressources et moyens accumulés et mis en réserve chez un cheval par le travail de l'entraînement. Car, quoiqu'ait pu écrire M. de Buffon, avec ou sans manchettes, la vitesse, en particulier, est une qualité qui ne se manifeste chez le cheval à son point ultimum, qu'autant que l'homme aide à son développement par des soins particuliers.
Et la virtuosité d'un jockey ne suffit pas à faire « galoper » un cheval ; ce sont les soins quotidiens, attentifs et assidus de l'entraîneur, dont l'esprit d'observation et le jugement doivent être constamment en éveil sur chacun de ses pensionnaires, aidés par une hygiène bien comprise et une gymnastique fonctionnelle appropriée, progressive et prudente, qui l'amènent au mieux de sa condition, puis de sa forme, facteurs principaux de la qualité qui conduit à la victoire, bien souvent avec n'importe quel jockey. Aussi dit-on couramment, et non sans de bonnes raisons, qu'« il vaut mieux avoir un jockey médiocre qu'un entraîneur passable ».
Il est peu de professions, même parmi celles qui sont jugées avec beaucoup de considération par le grand public, qui demandent un bagage de connaissances aussi étendu et aussi varié que celle d'entraîneur. On peut, du reste, se rendre compte des difficultés d'un semblable métier, en constatant la supériorité incontestable que certains hommes y acquièrent, au point qu'on a pu voir des chevaux s'améliorer rapidement de dix livres, rien qu'à changer d'écurie, d'entraîneur. Ce fut le cas surtout, alors que s'installèrent en France les méthodes américaines dont toutes les pratiques n'étaient pas pourtant également recommandables...
L'entraîneur est la cheville ouvrière d'une écurie, il est le dispensateur de la bonne ou de la mauvaise fortune et pour les succès de ses chevaux et pour les intérêts de leurs propriétaires, envers lesquels il encourt de grosses responsabilités, morales tout au moins, car la fragilité des cracks semble croître avec leur valeur pécuniaire.
A ce point de vue particulier, une des principales qualités de l'entraîneur doit être la « patience », qui évite la « casse », et mène plus rapidement et plus sûrement au succès que le travail intensif et précipité. Rien ne sert de courir comme... le lièvre, et mieux vaut progresser lentement comme... la tortue, car, en matière d'entraînement, ce sont ceux qui se hâtent le moins qui arrivent le plus vite au poteau gagnant. Les méthodes différentes employées par les entraîneurs sont fonction de leur tempérament, de leur intelligence et de leur expérience professionnelle. Celle-ci fait souvent complètement défaut à certains d'entre eux, qui, pour n'avoir pas réussi ailleurs, se sont tout à coup reconnu une vocation irrésistible pour un métier que, dans leur ignorance naïve et présomptueuse, ils croient aussi facile qu'agréable et lucratif.
Il est des entraîneurs qui donnent trop de travail à leurs chevaux ; d'autres, au contraire, qui sont trop prudents ; les premiers sont trop sévères, les seconds trop timorés, et comme toujours, la vérité est entre ces deux manières, en tenant compte aussi, bien entendu, du caractère et de la nature de chaque animal, qui accepte ou réagit de façon fort variable à la progression « d'entraînement » qui lui est imposée. Presque tous les entraîneurs sont d'anciens jockeys, qui ont dû cesser de monter à cause de leur poids, mais les qualités des uns et des autres sont tout à fait indépendantes et se conjuguent rarement dans une même personne. L'entraîneur n'a pas sous sa surveillance que des pensionnaires à quatre pattes; il a encore sous sa direction un véritable pensionnat de « lads » chargés de panser, de soigner et de monter ses chevaux, et une petite classe d'« apprentis », engagés pour un contrat de cinq ans, afin d'apprendre le métier de lads avec l'espoir de détenir plus tard de grands jockeys, même en restant d'un gabarit fort réduit.
Le « head-lad » est le premier garçon de l'entraîneur, son « aller ego », chargé de le remplacer en toute circonstance, tandis que son autre homme de confiance est le premier garçon de voyage, chargé d'accompagner et surveiller les chevaux pendant leurs déplacements.
La science de l'entraînement et tous les procédés qui s'y rattachent étaient complètement ignorés en France, avant le grand développement des courses.
Les Anglais, d'abord, vinrent nous éclairer de leurs lumières, si l'on peut dire, car, bien souvent, toute leur science consistait en des pratiques occultes enveloppées de plus ou moins de mystère ou de charlatanisme, à moins qu'elles ne fussent tout à fait ridicules ou dangereuses.
Avec le temps et l'expérience des chose? les sportsmen français réagirent progressivement contre ces influences, le plus souvent nuisibles, et il en résulta rapidement une ère de progrès et de perfectionnements aussi heureux qu'opportuns. Les méthodes d'entraînement américaines venant ensuite concurrencer les anglaises, il y eut entre elles une rivalité d'émulation pour le succès qui offrit aux observateurs les meilleurs enseignements sous le contrôle d'une vaste expérience publique.
Et, depuis, l'entraînement devient de jour en jour plus pratique, plus rationnel, plus scientifique, et le jour n'est sans doute pas éloigné où le bon entraîneur devra être un parfait homme de cheval, possédant,en plus des dons naturels qui ne s'acquièrent pas dans les livres, tout le bagage scientifique du vétérinaire.

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Le meilleur pronostic gagnant

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Lorsqu'on fait le tour du web, on découvre beaucoup de sites de pronostics, des méthodes plus ou moins farfelues et payantes. Des sites qui voudraient faire croire qu'ils sont les meilleurs pronstiqueurs du monde (si ça tombe, ils viennent chercher les info sur mon blog). Bien sûr, chacun voudrait ne pas faire les choses gratuitement et parfois, on est un peu déçu du manque de collaboration des visiteurs (taux de clics sur les pubs).

Comme vous l'avez lu dans la méthode de 1926, le turfiste doit avoir une totale compréhension des courses, lire la préparation des chevaux, savoir lire les performances, faire le papier et ne pas jouer partout, à tout.
De que vous voyez quelqu'un vouloir vous donner le gagnant de toutes les courses, passez votre chemin.
Toutes les méthodes basées sur les satistiques des pronostics hippiques sont fausses et vous coûteront très chers, parce que le propre d'une statistique, c'est de dire le passé pas l'avenir. Lorsque vous commencerez à toucher ce genre de pronostics, vous perdrez beaucoup, et jouez le pronostic des autres, c'est comme être aveugle et demander à votre voisin de lire, il pourra vous raconter n'importe quoi, portnawak !
Et croire que vous allez être riche en jouant au quinté, c'est un mensonge que l'on veut vous faire croire.
Le jeu simple ! C'est la vérité !

Le 20 septembre, je pronostic NEW DES LANDES et je le touche à quasi 8/1 !
Après PTERONDACTYL, aussi à 8/1, LONTZAC et MARIOL à 2,5/1, je suis content de ma semaine. Et vous ?
Ca vaut beaucoup de pubs, n'est-ce pas ?
Je vis dans le monde des courses depuis très longtemps et je sais qu'il faut profiter de sa forme, de L'INSPIRATION, inspiration qu'il faut gagner par la connaissance des chevaux et des courses en elle-même, comme un artiste qui domine sa technique (je pousse un peu fort, non ? :-°). Mais je sais aussi que l'on ne peut pas tout gagner et qu'il faut parfois laisser passer la méforme, ce manque d'inspiration.

J'espère néanmoins vous faire gagner le plus souvent possible !

Trouver le cheval gagnant

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Le « papier »

— l'examen de conscience du sportsman — résume l'appréciation rationnelle d'une course à la suite de la comparaison des différentes performances des chevaux. Cette sélection devant aboutir au gagnant « moral » de la course.Si rationnelle que soit cette méthode analytique, elle est susceptible de présenter des défaillances du fait des variations de « forme » des concurrents et surtout des nombreux facteurs (incidents de parcours) qui constituent la glorieuse incertitude du turf. Néanmoins, d'ordinaire, avec une certaine habileté des courses, en apportant une grande attention à leur examen, on arrive à démontrer que, bien souvent, le favori du papier n'est pas un gagnant virtuel.

Parier n'est pas un simple jeu de l'esprit, c'est bien un véritable travail qui demande, en même temps que beaucoup d'observation et de raisonnement, de l'intelligence, de la patience et de la persévérance.

Le sportsman, digne de ce nom, doit tenir une comptabilité complexe, noter régulièrement sur un cahier à répertoire les noms des chevaux, leur origine, leur âge, leurs performances, la date de celles-ci, les conditions de la course, de terrain, la distance, le poids, la monte, les incidents de parcours, comment le cheval s'est comporté vis-à-vis de ses concurrents, s'il a gagné facilement, a fait une course honorable, ou n'a pas existé, etc., etc., autant de facteurs qui peuvent contribuer à donner une juste opinion de sa valeur. Le sportsman choisit son cheval à la suite d'une double sélection portant sur ses qualités, ses aptitudes, et sur son rapport éventuel indiqué par les dernières fluctuations de la cote. Il convient de ne pas sacrifier à cette dernière — comme on a souvent tendance à le faire — les chances réelles d'un cheval.Déterminer la « ligne » d'un cheval, c'est-à-dire fixer sa valeur comparativement avec ses adversaires, constitue la résultante des pronostics raisonnes.Tenir compte dans cette analyse de la distance, du poids, du terrain, des performances individuelles des concurrents de l'épreuve.

Le canter
L'appréciation du canter — le galop préparatoire que prennent tous les chevaux avant le départ — fournit des indications utiles ; pour beaucoup de sportsmen, il constitue l'indice des moyens et de la condition où se trouvent les chevaux. La souplesse, l'étendue de l'action, fait dire que le cheval, pour employer les expressions utilisées sur le turf, « a pris un bon ou mauvais canter ».On peut affirmer qu'il y a, dans la majorité des cas, une relation étroite entre l'action — la forme extérieure de l'allure — et les qualités réelles du cheval, la façon dont il prend son mors, et se livre, le placer de son encolure, et ses moyens actuels. Il faut, néanmoins, associer à l'action du cheval son aspect extérieur, la vivacité du regard, le satiné de la peau, la longueur des rayons, les paquets musculaires qui les garnissent, la démarche souple et balancée, rapide tout en ayant l'air de se prélasser. L'étendue de la foulée chez le galopeur est une qualité primordiale ; le sujet qui « va court » ne pliant pas bien le genou et ramenant les pieds sous lui, au lieu de les projeter loin en avant, est fortement handicapé. L'allure est « coulante » — qualité précieuse — quand le cheval s'étend bien et se relève vite dans son galop, sans faire aucun effort.

Surveiller la course, savoir apprécier le train et la tactique utilisés, savoir interpréter les incidents de parcours, constitue pour le sportsman des indications précieuses. Le cheval qui « fléchit » présente un mouvement convulsif des oreilles. Au lieu de les tenir droites et pointées en avant, elles éprouvent une oscillation d'avant en arrière. La tête, en même temps, prend une direction à peu près horizontale, prolongeant en quelque sorte la ligne de l'encolure. Faire l'effort au moment opportun caractérise l'habileté du jockey ; effectué prématurément, le cheval peut être surpris par un adversaire qui s'est conservé relativement « frais » derrière lui, et, quoique meilleur, il peut être battu. C'est ce que l'on exprime en disant : « Il a fait son effort trop tôt ». Effectué trop tardivement, le cheval peut ne pas avoir le temps de rejoindre un concurrent de classe inférieure avant le poteau d'arrivée, et perdre la course. On dit alors : « Il a fait son effort trop tard » ou « Il est venu trop tard ».

La classe
La classe — qu'il ne faut pas confondre avec le cri libérateur des poilus — la sélection sur les origines et le mérite, est la ligne de démarcation bien tranchée qui s'établit d'elle-même entre les chevaux, à la suite des premières courses de l'année. Elle comprend nécessairement un certain nombre de sujets qui ne sont pas exactement égaux entre eux, mais séparés seulement par une très légère différence, souvent d'une appréciation difficile. Malgré une supériorité ou une infériorité relative, les chevaux sont toujours supérieurs aux concurrents d'une classe inférieure. La supériorité est ici intrinsèque, et non individuelle ; elle est indéniable. Un cheval peut être d'une très bonne classe tout en présentant comme individu de nombreuses défectuosités, mais il battra presque toujours un concurrent d'une classe inférieure, si bon qu'il puisse être, pris isolément.

La hiérarchie du turf comporte généralement trois classes de chevaux de courses :
1° ceux de première classe (summum de la sélection), c'est-à-dire les quatre ou cinq meilleurs de l'année, les champions, les lauréats heureux des prix les plus importants ;
2° ceux de seconde classe, en général très nombreux, dont le mérite est incontestable, mais ne s'élève pas au-dessus d'un certain niveau moyen ;
3° les chevaux de prix à réclamer (les modestes, les passables, les médiocres), au-dessous desquels la délimitation devient très difficile à établir, les non-valeurs sportives en marquant le terme ultime.

Les chevaux appartiennent donc à des catégories déterminées ; un cheval n'est pas dans sa classe, quand il figure avec des adversaires d'une classe inférieure ou supérieure à celle à laquelle il appartient. Dans ce cas, il est « déclassé » ; cette expression s'applique cependant plus généralement, et à plus juste titre, dans le sens propre du mot, à un cheval figurant dans une classe inférieure à la sienne, qu'à celui qui se trouve, au contraire, dans une catégorie supérieure, où il est surclassé.

Le déclassement d'un cheval a une extrême importance en course et devient parfois l'objet d'une étude et d'une spéculation. Étant donné et admis, à moins de circonstances toutes particulières, qu'un cheval d'une classe secondaire, quelque bon qu'il soit, ne peut battre un concurrent d'une classe supérieure, on est à peu près certain de gagner, si l'on peut arriver — par des engagements judicieux — à faire figurer un cheval dans une classe inférieure à celle qu'il possède réellement.
Pour atteindre ce but, on utilise parfois des moyens d'une délicatesse douteuse pour tromper le public ou le handicapeur, afin que ce dernier, dans les handicaps, donne au cheval des conditions de poids avantageuses.
La manœuvre frauduleuse la plus usitée en semblable circonstance est de faire courir plusieurs fois le cheval dans une condition incomplète, de manière à ce qu'il se montre au-dessous de son mérite réel. A la suite de plusieurs sorties où le cheval n'a pas couru sa chance, le public s'y laisse prendre. On engage alors le cheval « camouflé » dans une course où il ne trouve que des concurrents d'une classe inférieure à la sienne. On dit alors qu'il est « déclassé ». Il n'est pas rare que des propriétaires se faisant une idée inexacte sur les mérites de leurs chevaux, les engagent constamment avec des adversaires supérieurs. On dit alors que ces chevaux sont « surclassés », ce qui réduit leurs chances de succès à la plus simple expression.
Savoir engager les chevaux, éviter de les surclasser est un art où excellent certains propriétaires et entraîneurs.
Au point de vue sportif, une question qui a fait l'objet de nombreuses discussions se pose : la forme prime-t-elle la classe ? Selon nous, la supériorité de la classe — la noblesse ancestrale — est indiscutable l'entraînement — si méthodique fût-il — se borne à développer des qualités, des aptitudes, mais est impuissant à les créer. Si le manque de condition peut être atténué, dans une certaine mesure par la supériorité de la classe, la forme, dans bien des cas, est impuissante à suppléer la classe. Associées, classe et forme constituent la dualité indispensable du succès.La condition

La condition — l'état dans lequel se trouve un cheval avant la course — constitue le critérium de l'entraînement. L'état du cheval n'est pas toujours intimement lié — comme beaucoup le pensent — à son degré de condition. Certains chevaux, en effet, se présentent « haut » ou « bas » d'état ; ces variations peuvent être fonction du tempérament et non fatalement du travail. Du reste, l'entraînement moderne, moins intensif qu'autrefois, l'emploi modéré des purgations et des suées, font que actuellement les chevaux présentés sur le turf sont moins « secs », moins « sucés » par le travail ; ils mangent moins d'avoine, davantage de foin, et travaillent moins souvent, surtout sur de longues distances ; en général, ils courent plus « frais ». Quand un cheval n'est pas arrivé au maximum de sa condition, on dit qu'il « manque de travail ». Les modèles énormes, les grandes machines sont difficiles à amener en condition dès le début de la saison ; ils ont souvent besoin d'un galop public pour parachever leur état de préparation. Le cheval bas de condition — souvent un « surentraîné » — présente une maigreur accusée, des signes de faiblesse et de dénutrition (poil piqué).
Le sportsman doit attacher une grande importance aux signes extérieurs qui dénotent la condition. Les modifications observées dans la sudation (abondance, nature, rapidité de dessiccation), associées à celles de la respiration, indiquent le degré de préparation plus ou moins avancé du cheval. L'essoufflement est le signe le plus fidèle ; chez le cheval en « forme » lés mouvements respiratoires accélérés (80 à 100 par minute) après la course, doivent reprendre leur rythme normal au bout de quelques minutes. En outre, le cheval en condition est modifié profondément dans sa ligne, dans son profil, dans sa silhouette générale, du fait de l'apparition des saillies osseuses et des reliefs musculaires. La sécheresse, la densité des tissus (particulièrement à l'encolure, aux reins, aux fesses, etc.), la netteté des saillies squelettiques (garrot, hanches, côtes, etc.), la diminution du volume du ventre, l'apparition du réseau des veines superficielles, les poils fins et luisants, etc., sont autant de signes qui caractérisent la condition.

La forme — le critérium de la qualité du cheval, le mérite intrinsèque — est parfois très fugitive et souvent subordonnée à un grand nombre de facteurs que l'on peut provoquer ou aider, sans jamais être certain de les réaliser au moment désiré. L'apparition de la forme est parfois mystérieuse et échappe à l'analyse ; alors qu'un cheval, du fait d'une raison de santé, de croissance, ou de toute autre cause, ne peut arriver à être en forme, malgré les efforts de l'entraîneur, tout à coup, sans que les conditions extérieures où se trouve l'animal se modifient d'une manière appréciable, le but si laborieusement cherché est atteint.
L'aspect extérieur du cheval peut-il être considéré comme le réceptacle de la forme ? Certains signes dénotent bien l'apparition de la forme, mais l'indication est parfois trompeuse ; le cheval le plus resplendissant à l'œil n'est parfois pas en forme, sans que son entraîneur puisse en donner la raison. Quelques chevaux sont en forme une seule fois dans l'année et la perdent à bref délai ; parfois un bon cheval est comme un cerisier, il ne fleurit qu'une fois par an... D'autres, pendant toute leur carrière, — même en changeant d'entraîneurs — acquièrent leur forme à une époque fixe de l'année. Cette forme « saisonnière » est bien inconnue des sportsmen qui tiennent compte de cette considération dans l'établissement du « papier ».
La majorité des chevaux, une fois leur forme acquise, la conservent d'ordinaire, pendant une période plus ou moins prolongée ; ils peuvent courir plusieurs courses assez régulièrement en affirmant leur mérite. Quand le cheval, dans un délai variable, devient, tout à coup ou progressivement, inférieur à lui-même, on dit qu'il présente un « déclin de forme », qu'il « a perdu sa forme ». Du fait de la suractivité fonctionnelle imposée à l'organisme, la forme ne peut être que temporaire. Les chevaux les mieux constitués, présentant une grande force de résistance, conservent cet état artificiel plus longtemps que les moins doués. Mais si l'on persiste à les y maintenir, en particulier dès qu'ils présentent des signes de fatigue, — pas une progression inverse et rapide à celle conduisant à l'apogée de la forme — ils accusent rapidement les signes d'une déchéance absolue. Laborieuse à acquérir, difficile à maintenir, la durée de la forme est fonction du tact et de l'expérience de l'entraîneur ; apprécier la quantité de travail nécessaire à sa conservation est délicat.

Les interversions de forme - Les changements de forme, par leur fréquence relative, constituent un des facteurs principaux de la glorieuse incertitude du turf. Parfois ces interversions, qui trop souvent sont des défaites préliminaires à la victoire, font l'objet d'enquêtes de la part des Commissaires, les entraîneurs devant justifier ces performances contradictoires.Parmi les causes multiples capables — en dehors des états pathologiques — de provoquer des interversions de forme, citons : la caractère du cheval (rogues), le surentraînement (facteur dominant), les changements de monte, d'entraîneurs, l'état du terrain (les spécialistes du lourd ou du sec), l'utilisation sur des hippodromes différents, la saison (particulièrement pour les juments), les déplacements sportifs, etc. La mentalité des chevaux de courses constitue un « impondérable » jouant un rôle important dans les changements de forme : tel cheval, après une performance remarquable, et sans avoir été « éprouvé », présente, à bref délai, des signes de déchéance. Ces interversions mystérieuses pourraient être comparées à celles observées chez l'homme ; ne sait-on pas, en effet, que ce dernier, en dehors de tout état maladif, peut présenter des variantes notables dans l'aptitude au travail et la résistance à la fatigue ? L'origine psychique de ces interversions, échappant à tout moyen de contrôle, est souvent invoquée par les entraîneurs pour justifier les courses contradictoires fournies par leurs pensionnaires. Amener un cheval à l'apogée de sa forme, à un jour donné et pour une certaine course, est un problème délicat à résoudre pour l'entraîneur. Mais quels que soient sa science, son tact, son expérience, si le cheval ne présente pas une valeur «intrinsèque suffisante pour recueillir les bénéfices de la préparation qu'il reçoit, le résultat sera négatif. L'entraînement développe des qualités, mais, si méthodique soit-il, est impuissant à les créer.

Les essais - Les essais — la course à la maison — constituent le critérium de la valeur intrinsèque des chevaux. Les propriétaires ont besoin, avant l'époque des engagements, de se rendre un compte exact de la classe et des qualités individuelles de leurs jeunes chevaux, afin d'engager — à la suite d'une sélection judicieuse — les meilleurs dans les courses les plus importantes, et de répartir les autres dans les épreuves où ils ont le plus de chance de gagner. Les galops d'essais, en indiquant le mérite respectif des chevaux, permettent de résoudre pratiquement la question. Ils consistent à essayer un cheval n'ayant jamais couru en public, avec un autre, généralement plus âgé, et dont la forme est connue et certaine ; ils se font à des différences de poids variant suivant la qualité du cheval témoin. L'usage du chronomètre sur des parcours successifs de 300 mètres est souvent indispensable pour le contrôle de la vitesse et de la régularité du train. Les essais permettent d'apprécier le train, la puissance, l'étendue, la souplesse des foulées et — point important — la nervosité des sujets. Mais il ne faut pas attacher une importance absolue à ces renseignements, _car certains chevaux se « livrent » mieux à la « maison » qu'en courses ; d'autres, sous l'influence excitatrice du milieu, qui ne fournissent qu'un canter peu impressionnant, gagnent facilement leur course. Les résultats peuvent être faussés par l'irrégularité du cheval d'essai, impressionnabilité du poulain dans une lutte publique, la mauvaise répartition du poids, la monte défectueuse, l'état du terrain, etc.Les essais sur la distance de la course comportent, à la période ultime de l'entraînement, trois ou quatre parcours dans le train, et un essai final, quatre à cinq jours avant la course, « plein train » avec emploi de la cravache. Répétés sur la distance intégrale de la course, ils peuvent provoquer des signes de fatigue, empêchant le cheval de courir « frais ». Que de chevaux, à la suite d'essais abusifs, laissent leur chance à la « maison » ! Pour éviter tout surmenage, certains entraîneurs n'exercent les chevaux que sur les deux tiers de la distance ; d'après eux ces essais « partiels » permettraient d'affirmer — si le cheval est souple et frais à la fin du parcours — qu'il est en condition.
Autrefois, ces galops, entourés de mystère (quelques-uns avaient même lieu la nuit), présentaient l'importance d'une course. Les propriétaires ayant la passion du jeu voulaient être renseignés d'une façon effective sur la chance respective de leurs chevaux. Ces galops privés permettaient, en effet, d'évaluer le nombre de livres à rendre aux adversaires. Surveillé attentivement par les chercheurs de tuyaux, l'entraîneur employait tous les moyens pour égarer leurs investigations.
Dans la pratique, il est cependant impossible de dissimuler les modifications apportées au travail d'un cheval, son absence de l'exercice régulier ne pouvant passer inaperçue ; aussi quand un favori est victime d'un accident, faut-il renoncer à le tenir longtemps ignoré. Cependant, il est toujours aisé de laisser aux indiscrets au moins des doutes sur la signification des essais, car les hommes montant les chevaux ignorent les poids respectifs portés par leurs chevaux.Le tempérament. La sensibilité réactionnelle chez le cheval de courses est très variable dans son expression, son intensité.
On peut reconnaître trois types dans la race pure :
1° les « équilibrés », à réaction normale ;
2° les « névrosés », à réaction prompte et intense; et
3° les « lymphatiques », à réaction lente et peu accusée.
Cette classification n'est pas arbitraire; un simple examen des chevaux au paddock permet, en effet, de constater ces variantes individuelles. Certains chevaux, tout en présentant les indices d'une énergie latente, sont calmes avant la course ; d'autres, les « hypernerveux », sont très impressionnables ; quelques-uns, enfin, sont apathiques, indifférents. Un cheval « froid », lymphatique, a besoin, pour démontrer ses qualités, d'être plus ou moins énergiquement sollicité par son cavalier. C'est à la fois une qualité et un défaut, suivant le degré où ce tempérament se trouve accusé chez le sujet. Le lymphatique, ne se fatiguant pas inutilement avant la course, dispose de tous ses moyens. Un cheval nerveux est celui dont l'entraînement ou la course impressionnent et surexcitent le système nerveux ; quand cette excitation est poussée à l'excès, elle l'empêche souvent de déployer toutes les qualités qu'il possède réellement. L' « hypernerveux » ne manque pas de courage, il s'emploie même avec trop d'énergie. L'entraînement d'un cheval nerveux demande des ménagements ; en course, il doit être monté par un jockey calme et tranquille.Quand la nervosité atteint un certain degré, elle exerce toujours une influence fâcheuse sur la carrière du cheval en le rendant irrégulier dans ses performances. Le cheval parvenu à sa forme, du fait de la surexcitation imposée au système nerveux, est devenu souvent un « névrosé », un « névropathe » impressionnable à l'excès. L'action excitante du milieu, la présence du public, le bruit, la vue de la casaque, le contact des autres chevaux, le son de la cloche, etc., produisent, chez certains sujets, une période d'excitation se traduisant par une nervosité excessive, une sudation abondante, des tremblements accusés. Aussi les « hypernerveux » se livrent-ils beaucoup plus volontiers à l'exercice que sur l'hippodrome ; ainsi s'expliquent les déceptions fréquentes qu'ils causent à leur entourage, alors que les essais donnaient un grand espoir. Pour leur éviter toute déperdition énergétique, on les tient soigneusement à l'écart, dans des écuries réservées du paddock, on les promène au pas, car, du fait de leur nervosité, ils se livreraient à une série d'incartades dangereuses.
Les déplacements sportifs (van, chemin de fer, bateau) handicapent sévèrement ces « névrosés» ; pour atténuer les effets de l'isolement, et pour combattre leur neurasthénie, on leur donne, le plus souvent, un compagnon de voyage. Les hypernerveux, qui forment un contingent relativement élevé parmi les chevaux de courses, ne doivent pas être confondus avec les « dopés » ; un examen superficiel permettrait de faire cette confusion, si l'on attribuait à la sudation et aux tremblements des signes spécifiques.

Les rogues - Les « rogues » ou "tocards" — qui font le désespoir des propriétaires, des entraîneurs et des parieurs — sont les chevaux qui, en course, font preuve de caractère, et comme pour les hommes, ceux qui ont du caractère l'ont généralement mauvais, ainsi que l'a dit Jules Simon. Que de fois on lit dans les échos sportifs : « X... a fait preuve de caractère », « paraît tourner au rogue », « ne se livre pas », « est resté au poteau », etc.! En course, les « cabochards » couchent les oreilles, cherchent à fuir l'action du mors, font des écarts, des dérobades ; par les faux départs multiples provoqués par eux, ils compliquent la tâche délicate du starter. Rien ne peut faire prévoir, avant la course, s'ils consentiront à s'employer ; certains, cependant, manifestent déjà au paddock des signes d'irritabilité d'un pronostic fâcheux. Souvent conduits en main jusqu'à l'endroit du départ, les rogues, par leurs courses irrégulières constituent un facteur important de la glorieuse incertitude du turf.
Les moyens utilisés pour modifier leur caractère (capotes, oeillères, introduction de balles de plomb dans les oreilles, etc.), ne donnent que des résultats négatifs.

Les flyers - La vitesse — l'apanage des flyers — est le maximum de rapidité dont un cheval puisse être doué, mais dont il ne peut user que sur une distance réduite. Ce serait seulement l'opposé de la tenue. Les causes qui déterminent chez un cheval la présence ou l'absence de cette qualité précieuse sont insaisissables chez les chevaux de l'aspect le plus disparate; les uns sont petits et légers, d'autres grands, massifs et lourds. La vitesse et la tenue sont donc deux qualités distinctes, mais non exclusives. Elles peuvent, à un degré différent, se trouver réunies chez le même cheval ; elles sont la caractéristique du cheval de course de grand ordre. L'axiome « la vitesse est le fond » — si paradoxal qu'il puisse paraître — est vrai, en ce sens qu'un cheval possédant à la fois un bon train et une excellente vitesse aura toujours plus de fond que celui d'un train semblable, mais d'une vitesse moindre. En effet, quand celui-ci l'approchera, il lui sera aisé de s'en débarrasser pendant quelques instants, tandis que l'autre, pour le suivre, sera contraint à des efforts supplémentaires, auxquels le premier ne se trouve pas astreint. Le fond n'étant que la facilité de parcourir une longue distance avec le minimum de fatigue, le cheval le plus vite se trouvera avoir le plus de tenue. Ce double avantage résultant de la réunion du fond et de la vitesse chez le même animal ne peut exister que si le caractère et l'organisme de l'individu lui permettent d'accumuler cette vitesse à l'état latent. En un mot, ces qualités doivent être assez distinctes pour pouvoir être séparées au gré du jockey qui doit, à sa volonté, utiliser l'une ou l'autre suivant les circonstances.Oui, le bon cheval, dit-on, est bon sur toutes les distances; mais il ne faut pas généraliser.
Non, le cheval n'est pas une auto dont le jockey peut manoeuvrer les leviers d'embrayage et de changements de vitesse... L'aptitude à la vitesse permet à certains chevaux de « se mettre rapidement sur leurs jambes », de prendre, dès le début, de puissantes foulées, alors que d'autres ne peuvent le faire que progressivement. Les premiers sont largement favorisés dans les déboulés de 800 à 1.000 mètres, l'avance initiale réalisée leur permettant de ne pas être inquiétés par leurs adversaires. Vitesse et fond — précieux facteurs dépendant bien plus de l'hérédité que de la conformation — constituent donc la dualité du succès.

Les stayers - Le fond — la résistance plus ou moins grande à la fatigue, l'apanage des stayers — est cette faculté, en quelque manière mystérieuse, que le cheval paraît avoir en réserve et à l'aide de laquelle il est armé pour la lutte.« Flyers » et « stayers » forment, dans le training et le trotting, une association rare car, en vertu de l'axiome physiologique, ce que l'on gagne en vitesse se perd en résistance. Le fond se compose de deux sortes de qualités : les unes innées, mieux fixées, plus solides, sont léguées par les ancêtres ; les autres, acquises, moins stables, sont le fruit de l'entraînement. Au point de vue de la course, le cheval le plus vite — nous l'avons signalé antérieurement — est presque toujours, dans une certaine mesure, celui qui a le plus de fond, car il peut, en restant en deçà de l'extrême limite de ses moyens, devancer ses adversaires.

Le poids - Il y a un demi-siècle — comme le fait remarquer judicieusement un chroniqueur d’Auteuil-Longchamp — les chevaux de courses, dont l'effectif était moins nombreux, étaient souvent séparés par un, nombre appréciable de livres, de sorte qu'une légère modification dans la condition de l'un d'eux passait inaperçue dans le classement des chevaux de même ordre. De nos jours, les chevaux, sous le rapport du poids, se suivent parfois de très près. La démonstration en est fournie par le classement du handicapeur, qui comporte, à partir du concurrent placé troisième, une trentaine de chevaux avec un écart de six livres. De ce fait, le plus léger changement dans la condition, le moindre incident de parcours peuvent inverser l'ordre des arrivées.
L'expérience montre que le poids exerce sur le train une influence dont on peut se rendre compte presque mathématiquement, et d'une manière si exacte que parfois une différence de quelques livres peut suffire à intervertir le résultat d'une épreuve entre deux chevaux.
En société modeste, parfois le poids n'a qu'une importance relative. En revanche, certains poids écrasants, même si la forme du cheval est à l'apogée, ne lui permettent pas de triompher.Le poids porté explique certaines victoires ou défaillances ; les échos sportifs les signalent ainsi : « Bonne course sous ce poids », « était écrasé par le poids ».
Il était indispensable de fixer le poids réglementaire que doivent porter les chevaux d'âge différent pour courir ensemble dans des conditions de parfaite égalité. Sans cette pondération, il eût été impossible d'admettre dans la même course des chevaux de trois, quatre et cinq ans. Ces différences s'atténuent et disparaissent avec l'âge ; les chevaux ayant atteint le terme de leur croissance (de quatre à cinq ans) restent stationnaires, alors que les jeunes (trois à quatre ans) progressent et arrivent au même point.
L'échelle proportionnelle du poids pour âge, indiquée par le code des courses, est basée sur les distances et l'époque de l'année.
Dans l'établissement du papier, il convient de tenir largement compte du facteur poids.

Les terrains - Les termes « bon terrain », « terrain dur », « terrain lourd », sont les expressions sportives utilisées dans le training et le trotting pour caractériser l'état des pistes. Ces diffé­rents états — conséquence des variations atmosphériques, sécheresse, gelée, pluies, neige, — peuvent entraver le travail régulier. Pendant la saison hivernale, bien souvent, le mauvais état des pistes fait que les sujets, à l'ouverture des courses plates ou d'obstacles, manquent de condition. Cette considération explique, à la période du début, les succès temporaires constatés chez les chevaux dont la préparation n'exige pas un travail sévère.
Les variations de l'état du terrain sont une cause fréquente de déclarations in extremis ; bien des chevaux présentent, en effet, une chance « barométrique » qui provoque de vives inquiétudes chez les entraîneurs.
L'état des pistes explique souvent les courses contradictoires — véritables interversions de forme temporaires — observées chez les « spécialistes » du sec ou du lourd. La transmission héréditaire de l'aptitude au terrain est consacrée par la pratique ; certaines familles transmettent fidèlement cette vocation.
Précieux, mais rares, sont les chevaux qui vont dans tous les terrains ; cette qualité, dans bien des cas, est due à leur intégrité locomotrice. Les sujets qui présentent une sensibilité diffuse du pied ou de la région digitée (lésions tendineuses, articulaires ou osseuses) supportent mal le terrain dur ; leur chance est si réduite, que les entraîneurs, pour éviter des accidents réactionnels se traduisant par une boiterie plus ou moins accusée, n'hésitent pas à déclarer forfait.
Le terrain dur, — par suite de l'intensité des réactions, — diminue l'étendue, la souplesse, l'élasticité de l'allure et prédispose au claquage. Faisons remarquer que cet accident, dont le pronostic sportif est si grave, n'est pas l'apanage du terrain sec ; bien des chevaux « claquent dans le lourd » à la suite des efforts violents effectués par la région tendineuse pour vaincre l'adhérence du sol. Le terrain lourd exerce une influence néfaste sur la vitesse ; les records observés ne laissent aucun doute à ce sujet. Le poids du cheval et la conformation du pied (pied petit et creux faisant office de ventouse) favorisent la pénétration dans un sol détrempé et nécessitent une contraction musculaire plus grande pour vaincre la résistance, lors du lever du membre.On peut affirmer que les chevaux légers sont, à l'inverse des chevaux puissants, relativement favorisés dans le lourd. Sous la rubrique « Aptitude au terrain », les journaux sportifs signalent régulièrement les «spécialistes » du sec et du lourd ; ces renseignements sont précieux pour l'établissement des pronostics raisonnés.

L’hippodrome -La connaissance des parcours, la nature, la sévérité des obstacles, les tournants, la main à laquelle ils sont pris, les montées, les descentes, la longueur de la ligne droite constituent un avantage précieux pour les spécialistes de certains champs de courses ; ils peuvent ainsi se ménager et donner le maximum de rendement dans l'effort ultime. Parfois ces chevaux font preuve de per­formances remarquables, alors que sur d'autres champs de courses ils présentent des interversions de forme. Ces particularités sont bien connues des sportsmen. Les hippodromes de la région parisienne offrent quelques particularités intéressantes à signaler. C'est ainsi que celui du Tremblay, dont les parcours finissent par une montée, est généralement favorable aux chevaux entraînés à Chantilly où la montée finale est classique ; les spécialistes de la ligne droite sont avantagés à Maisons- Laffitte. Certains hippodromes de province où tes tournants sont accusés- (tournants en épingles à cheveux) handicapent particulièrement les grandes et puissantes machines ; Nice et Auteuil ont des tournants faciles. Les tournants exercent une grande influence sur le résultat de la course. Faire tourner un cheval lancé au train de course sans rompre ou désunir son allure, constitue une réelle difficulté. Il est aisé de comprendre que si dix ou douze chevaux se présentent ensemble à un tournant — circonstance se produisant presque invariablement au début de la course — la place que chacun d'eux occupe à ce moment revêt une extrême importance. Ceux qui se trouvent placés contre la corde, c'est-à-dire à l'endroit où la courbe de la piste est la plus accentuée, peuvent éprouver une certaine difficulté à prendre le tournant, mais ils bénéficient d'une notable économie de parcours. Ceux placés à l'extérieur, contraints de tourner beaucoup plus loin, se trouvent forcément au milieu de la piste, et doivent accomplir un trajet supplémentaire et attendre un passage pour se placer plus avantageusement. Il en résulte fatalement une perte de temps susceptible d'intervertir le résultat d'une course, surtout entre deux chevaux de même classe. Certains chevaux — le fait est fréquemment signalé dans les échos sportifs — prenant le dernier tournant très au large, lorsqu'ils ne sont pas battus de loin, auraient été très dangereux pour le vainqueur s'ils n'avaient pas été victimes de cet incident.
Les jockeys placés à la corde — du fait du virage à rayon réduit — doivent, pour ne pas compromettre leur équilibre du cheval, raccourcir son action, alors que ceux placés à l'extérieur, mais qui effectuent un plus long parcours peuvent l'étendre. Y a-t-il compensation ? A en juger par la tactique adoptée par certains jockeys des plus compétents, qui n'hésitent pas à faire le tour du peloton pour venir à l’extérieur, on aurait tendance à répondre par l'affirmative. Bien entendu, cette tactique ne peut être utilisée avantageusement qu'avec un cheval « généreux », doué de puissantes actions. L'influence du sens des tournants revêt une importance considérable, certains chevaux éprouvant une réelle difficulté pour tourner sur un côté. En outre, les chevaux qui ont une tendance à « biaiser », à droite ou à gauche, sont favorisés dans divers hippodromes selon que le parcours de la course s'effectue dans leur sens.Parfois des chevaux — et la cause échappe à l'analyse — semblent avoir une préférence pour certains hippodromes ; c'est ainsi que Deauville ferait acquérir à quelques sujets une forme nouvelle.La connaissance de l'hippodrome où le cheval figure doit être prise en sérieuse considération dans les engagements et pour l'établissement du papier.


Oiseaux de Feu dans le Aby Stora Pris à Aby

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Oiseaux de Feu vient de montrer qu'il était un des meilleurs trotteurs de 5 ans, après avoir démontré qu'il avait le pointure international. A suivre sur L'impertinent.